
folie, celui des prisonniers, en comparaison avec leurs
délits, leur vie entière et toutes leurs dispositions. En
outre, 1 attention que Ion eut de m’envoyer des crânes
de criminels fameux, me donna la facilité de rendre ma
collection plus complète.
Je visitai les écoles les plus nombreuses; je me fis
montrer les élèves qui avoient un talent éminent, ceux
qui étoient bien décidément dépourvus d’un certain talent
quelconque, ceux enfin qui se distinguoient par une
qualité quelconque. Je comparai entre eux ceux qui avoient
les mêmes qualités, puis avec ceux dont les qualités étoient
opposées, etc. J’ai surtout, sous ce rapport, de grandes
obligations à M. Venus, instituteur distingué, car il m’a
fourni des remarques très - ingénieuses et très-utiles. En
traitant de la physiologie du cerveau,' je parlerai plus en
détail des moyens qui m’ont conduit à mon but.
Les preuves que mes collections me mettoieiït à même
d’offrir, étoient si frappantes et si évidentes, qu’il n’étoit
plus possible de les combattre par des arguties; aussi les
conférences que j ’avois avec mes amis acquirent un intérêt
si grand et si général, que je ne tardai pas à être
obligé de donner des leçons en règle. Il est facile de
s imaginer l’utilité que je retirai de ces exercices faits au
milieu d’hommes instruits, qui discutoient avec franchise
et sans prévention. Beaucoup de mes auditeurs
pressentirent les conséquences importantes qui dévoient
résulter de ces recherches, et plusieurs firent connoître
mes leçons par l’impression, avec plus ou moins d’exactitude.
Je n’en fus pas fâché, parce que j ’éspérois pouvoir
par ce moyen connoître et mettre à profit le jugement
des savans étrangers. On exprimoit généralement le désir
de me voir publier moi-même par l’impression ma physiologie
du cerveau; j ’y étois disposé, mais de jour en
jour un champ plus vaste s’ouvroit à mes regards, les
questions et les problèmes se multiplioient. C’est pourquoi
malgré des sollicitations réitérées et des provocations
parfois violentes, je cherchois toujours à éloigner
l’époque de sa publication. Si je me trouve en état de dédommager
le lecteur de son attente par une moisson plus
abondante d’observations, et par des résultats plus positifs,
c’est à celle lenteur réfléchie et à mon respect pour
la science qu’il faut l'attribuer.
Quiconque voudra s’astreindre à faire sans cesse marcher
ses pensées et ses inductions d’un pas égal avec les
faits, trouvera dans chaque phénomène une preuveévi-
dente que l’exercice des- facultés intellectuelles et morales
, ne peut avoir lieu chez l’homme ni chez les animaux
que d’après la nature de leur organisation ; et lorsqu’une
fois on est parvenu à cette conviction, que peut-
on désirer plus vivement que d’apprendre à connoître
cette organisation , autant du moins que nos sens le permettent?
C’est pourquoije ne tardai pas àéprouver le besoin
défaire des recherches sur l’organe général des facultés
intellectuelles, et je commençai par examiner anatomiquement
le cerveau. J’aperçus bientôt que nos connois-
sances sur la structure de cette partie si noble Sont