
d’être uniformément répartie de chaque côté, resterait alors attachée
en grumeaux ou en flocons irréguliers aux vaisseaux dont on la dit
traversée.
Ou retrouve les mêmes inexactitudes et les memes suppositions arbitraires
dans les raisonnement de M. Ackermann. Se fondant sur de
prétendues expériences, il d it1 que à dans un cerveau frais, et même
dans ceux que l’on a gardés quelque temps , lorsque la membrane
vasculaire a été enlevée, les plis f gyrij gris de là superficie se détachent
les uns des autres par un tiraillement violent, et présentent
en- effet, d’une manière décevante, un cerveau transformé en une
exp ansion membraneuse ». Une imputation aussi grossière ne peut
nous être faite que par ceux qui, avec M. Ackermann , regardent la
substance blanche du cerveau comme une masse médullaire r une
matière médullaire, blanche, pulpeuse, molle, ou comme de la pommade
ou de la gelée.
Quelques anatomistes n’ont vu dans l’hydrocéphale qu’une simple
extension des cavités du cerveau-a. Mais comment expliquer par cette
supposition la disparition totale des circonvolutions ? Si les: Cavités
n éprouvoient qu’une simple extension , les circonvolutions s ecarte-
roient toujours plus les unes des autres, mais ne seroient pas déplissées ;
et leurs couches ne deviendraient pas horizontales de verticales
qu’elles étoient auparavant.
D’autres anatomistes pensent que, dans l’hydrocéphale, la pression
du crâne est la cause de l’extension du cerveau en un sac membraneux.
Mais cette pression n’explique pàs pourquoi les sinuosités qui pénètrent
si avantdisparoissentpeu à peu dans les hydrocéphales complètes,
à moins qu’on ne suppose d’avance que la substance grise par la suite
d’une prétendue ténacité, est l’unique cause du déplissement. Si l’on
n’admet pas cette idée erronée, le crâne ne pourra nullement empêcher
que les substances molles, grises et blanches n’éprouvent une
> L. c.§. 5.
f-, Rapport, p. 42.
rupture dans les points où elles ont d’abord été étendues et amincies.
L’on avoit aussi pressenti cette difficulté, car on se vit forcé à prétendre
que dans les hydrocéphales on trouvoit encore les circonvolutions
remplies de matière blanche Il est vrai que, dans les hydrocéphales
peu considérables, quelques circonvolutions ne sont effacées
qu’en partie, et d’autres ne le sont pas du tout, parce qu’elles ne
disparoissent qu’à mesure que l’eau les sépare , et les place dans une
position horizontale.Mais que dira-t-on des hydrocéphales où presque
toutes les circonvolutions sont effacées; où toute la prétendue matière
médullaire est réduite à une couche mince,. et où toute apparence de
circonvolution est disparue ? Peut-on concevoir comment de tels malades
supportent, souvent durant de longues années, toutes sortes de
mouvemens et de secousses?
Enfin, dit-on “ , l’exemple fréquent d’hydrocéphales considérables
où les facultés intellectuelles restent intactes, ne prouve rien, parce
que l’on ne sait pas de quelle partie du cerveau, ni de quel arrangement
dans l’organisation du cerveau dépendent les facultés intellectuelles.
Cette objection fait présumer que l’on veut encore une fois
restreindre le siège de l’ame à un point unique du cerveau. Or dans
les hydrocéphales , les gros faisceaux fibreux, les prétendues glandes
pinéale et pituitaire, les couches optiques et les corps striés n’éprouvent
aucune altération considérable; on gagnerait donc beaucoup, si
l’on pouvoit confiner l ame dans l’une de ces parties.
Mais comme nous avons démontré que tous ces appareils produisent
ou renforcent les filets nerveux, et ne sont que des appareils préparatoires
, que dans tous les autres systèmes nerveux l’organe n’est
complètement formé qu’après leur expansion finale , et qu’en conséquence
les circonvolutions doivent être considérées comme le complément
des organes des facultés intellectuelles , on doit au moins
nous accorder que les circonvolutions sont des conditions essentielles
1 Rapport, p. 42.
* Rapp. p. 42.