
tant de discussions privées et publiques sur notre doctrine,
qu’elle est parvenue à un degré de maturité, que
peu de fondateurs de doctrines nouvelles ont pu atteindre
durant leur vie.
Nous avons, en particulier, des obligations infinies à
S. E. Mr. le comte deMetternich-Winnebourg qui, animé
d’un noble zèle pour les sciences, a soutenu et favorisé
notre entreprise dans tous les temps. C’est surtout à l’intérêt
généreux qu’il nous a témoigné, que nous devons
la possibilité de prolonger notre séjour à Paris
assez long-temps, pour soigner la publication de cet
ouvrage.
Nous regrettons de ne pouvoir suivre ici l’impulsion
de notre coeur en nommant tous les amis des sciences
qui nous ont accofdé leur bienveillance; ils ne considéreront
pas seulement cet ouvrage comme un tribut
payé à notre propre honneur et à la science ; une partie
des idées heureuses qui peuvent s’y rencontrer sont le
fruit de l’obligation que nous nous sortîmes imposée de
justifier aux yeux du public l’intéïêt qu’ils ont pris à
nos travaux, et l’amitié dont ils nous ont honorés.
On voit par la marche de ces recherches que le premier
pas fut fait par la découverte de quelques organes ;
que ce n’est que graduellement que nous avons fait
parler les faits pour en déduire des principes généraux,
et que c’est subséquemment et à la fin que nous avons
appris à connoître la structure du Cerveau.
La plupart de nos lecteurs désireroient peut-être qui
nous eussions procédé de la même manière avec eux.
Qui ne souhaiteroit pas de lire avant tout la doctrine si
attrayante des organes ? Qu’avons-nous besoin de l’anatomie
? dit-on; elle regarde tout au plus les anatomistes*
Les médecins eux-mêmes pensent que dans l’exercice de
leur art, ainsi que dans la physiologie du cerveau, ils
peuvent très-bien se passer de la connoissance de sa structure.
Mais quoique la nature ait adopté unemarche inverse
pour nous, il faut pourtant réfléchir que l’organisation
précède les phénomènes qu’elle rend possibles, et que,
par conséquent, il est conforme à la nature des choses,
de traiter des organes avant de parler de leurs fonctions.
Voilà pourquoi nous avons toujours commencé nos leçons
soit par la dissection du cerveau, soit par l’exposition
des principes généraux. Les faits détachés et les
découvertes isolées ont, il est vrai, leur valeur réelle; et
peuvent, ainsi que les événemens présentés sans connexion
avec l’ensemble de l’histoire, satisfaire beaucoup
de lecteurs ; aussi; en consignerons - nous une grande
quantité dans notre ouvrage, afin de lui donner une
utilité durable pour ceux qui n’attachent pas beaucoup
de prix aux conséquences générales , ou qui ne sont pas
disposés à les admettre. Mais si nous nous en tenions
là, le lecteur philosophe trouveroit notre marche chancelante
et incertaine ; à chaque instant naîtroîent des doutes
qui ne seroient pas levés, et des difficultés auxquelles
on n’auroit pas encore répondu. Ainsi celui qui voudra
saisir l’enchaînement de toute la doctrine, ses rapports