
ses idées ; et tous les lecteurs seront en état de comparer
nos opinions à celles des autres, et d’en porter un
jugement impartial.
Nous croyons avoir fait tout ce qui étoit nécessaire
pour faciliter à nos lecteurs l’étude de l’objet extrême-
ment varié dont il s’agit ici. Dans ce qui tient uniquement
à la science, notre diction a été simple, claire et
dégagée de termes techniques inintelligibles j ce n’est
que rarement et seulement lorsque la nature des choses
s y prêtoit, que nous avons adopté un style un peu plus
élevé. Il est certain que l’on peut regarder comme pauvre
en véritables observations celui qui, dédaignant le langage
de la conversation , affecte partout l’originalité par des
expressions emphatiques et mystérieuses. De tels écrivains
restent inintelligibles pour leurs lecteurs, et ne
tardent pas à le devenir pour eux-mêmes. Quel sens
peut-on attacher, par exemple, à des phrases comme
celles-ci, employées par Walther et Gôres ? « Le bruit
est l’expression de l’effort d’un corps mû mécaniquement
pour retourner à l’état de repos , et le son est la
tendance de ce qui est le plus intimement mu au
repos 1 y>. — « L’architecture est une musique gelée ; les
que le Père Pedro de Ponce a inventé l’art d’instruire les sourds-
muets.
Paris } 15 septembre 180g*.
E m man ue l N unezt d e T a b o a d a .
symboles de toutes les opérations sont contenus dans
les sections coniques ; celui qui veut construire la maladie
, doit la construire sur le carré de l’hypoténuse
1, etc. w En lisant ce qu’ont écrit des savans de
cette trempe, dont le jargon guindé sur des échasses
métaphoriques a été adopté dans la Philosophie der
Medicin, von F. J. Schelver, et dans le fatras de tant
d’ouvrages des universités allemandes, peut-on avoir un
autre but que celui de s’amuser des bigarrures de l’esprit
humain ? Aussi, lorsque nous avons rencontré certaines
erreurs parfois trop extravagantes , n’avons-nous
pu nous empêcher d’en faire justice par l’ironie, plutôt
que d’y répondre sérieusement.
Ne connoissant rien en général des forcés primitives
de l’organisme vivant, nous nous sommes bornés dans
l’exposé des faits, à dire ce que nous ayons observé , et
dans quelles circonstances nous l’avons observé. En voulant
mêler les explications aux observations, l’on est
trop exposé à donner plutôt des preuves de sagacité
qu’à peindre fidèlement la nature. Autrefois on ren-
doit raison de tout par le phlogiston , et aujourd’hui
c’est par le calorique , l’azote, l ’hydrogène et
l’oxigène que tout s’explique. Chaque nouvelle découverte
ôte leur clarté et leur valeur aux anciennes
explications et aux observations qui s’y sont rattachées.
Ira-t-on avec M. Oken faire consister la pensée dans un