
D’après la description que nous avons donnée du cervelet, il est
évident que toutes ses parties sont doubles ou divisées par paires ;
ainsi que nous l’avons déjà observé dans les systèmes de l’épine du
dos et des sens. La partie fondamentale ne peut même pas être regardée
comme simple, car chez les poissons, les amphibies et les oiseaux
elle est formée de deux faisceaux primitifs, et de deux branches de ces
faisceaux chez les mammifères.
Quelques anatomistes ont voulu combattre cette duplicité, parce que
■ les parties des deux hémisphères ne sont pas toujours parfaitement
semblables, comme Malacarne 1 en a déjà fait la remarque. Mais la
même disparité existe dans les yeux, les oreilles, les mains et les
pieds, et nous avons vu qu’elle a lieu aussi dans les systèmes nerveux
doubles de l’épine du dos et des sens ; personne n’a pourtant révoqué
en doute la duplicité de ces systèmes.
Les mêmes parties ne sont pas non plus toujours parfaitement semblables
chez les divers individus ; c’est encore ce que Malacarne a exposé
avec beaucoup de justesse. Reil dit_ aussi avec raison : « Les
ramifications de la tige médullaire en longueur et en largeur, qui
donnent naissance aux sous-divisions des lobes, et le nombre, la forme,
et la direction des feuillets dans lesquels les lobules se terminent,
n’ont point de loi de conformation bien fixe, mais varient infiniment
suivant les divers individus. L ’essence doit être la même dans toutes
les parties, mais l’aggrégation ou la configuration de ces parties ne
constitue pas leur essence, et par conséquent est peu constante ». Reil
en conclut, conformément à notre opinion, qu’il suffit d’avoir bien
saisi le type de la forme intérieure. Quant à la description minutieuse
des contours extérieurs des lobules et des feuillets, telle que Malacarne
et Lhaussier l’ont donnée, elle induit en erreur, et devient même
inintelligible, parce qu’elle ne se retrouve jamais exactement dans
la nature.
Mais si, à l’exemple de R e il, on décrit chaque partie pour montrer
comment dans le cerveau des animaux elles augmentent toujours graduellement
en volume et en nombre, on arrive alors à un point de
vue infiniment plus étendu et plus riche en résultats. Cependant nous
sommes persuadés que cette espèce de recherches est sujette à beaucoup
plus de difficultés, et qu’elle peut faire commettre plus d’erreurs
qu’on n’est porté à le croire. Quelquefois les parties analogues
ont une configuration différente , par exemple les corps mammillaires
chez les hommes et chez les animaux. Souvent elles sont seulement
plus petites ou un peu plus enfoncées dans les parties voisines ; par
exemple chez les mammifères les corps olivaires et les corps frangés,
chez l’homme la bande transversale qui va d’un nerf acoustique à l’autre,
etc. Par conséquent on ne peut être assez sur ses gardes quand on
veut énoncer quelque chose de positif sur l’existence ou, l’absence
d’une partie quelconque dans les cerveaux de divers animaux.
On croit assez généralement qu’il existe une proportion déterminée
entre le cervelet et le cerveau. Les auteurs qui ont traité de l’anatomie
comparée, et qui ont espéré fixer la proportion du cerveau avec le corps,
ont aussi dressé des tables particulières sur la proportion du cervelet
avec le cerveau, « II est facile , dit Cuvier 1, d’obtenir avec justesse la
proportion du poids du cerveau avec celui du cervelet, parce qu’au-
çune variation dans la santé, ni la graisse des individus ne peut avoir
d’influence ici ».
Mais nous avons fait voir qu’il n’existe même pas une proportion
toujours égale entre les paires de nerfs du même système chez divers
individus, par exemple entre les paires de l’épine du dos, entre les
paires de nerfs des sens. Il existe encore moins une proportion toujours
égale entre les systèmes différens; tels que les systèmes sympathiques,
de 1 épine du dos et des sens. C’est ainsi que l’on rencontre
assez souvent un cervelet peu considérable , tandis que le cerveau est
parvenu à un haut degré de développement ; et nous trouvons frér
quemment un cervelet extraordinairement gros, avec un cerveau très