
organisation matérielle pour l’exercice des facultés intellectuelles. On
a dans tous les temps regardé comme très - importantes les recherches
qui avoient pour but de faire connoître les organes par lesquels les animaux
et l ’homme reçoivent les impressions matérielles du monde extérieur;
sera-t-il moins intéressant, moins noble de tâcher de découvrir
les organes des facultés supérieures de l’esprit ? ' ' ;
Enfin nous demanderons si le^cinq sens et les propriétés dont nous
venons de parler peuvent servir à expliquer les divers penchans , et les
différentes industries instinctives des animaux, ainsi que tous les penchans
et toutes les facultés de l ’homme ? Comment par ce moyen nous
expliquera-t-on pourquoi le phoque , le chamois et foie sauvage, posent
des sentinelles? Pourquoi l’oiseau, le castor, le lapin, la fourmi
construisent leur demeure avec tant d’artifice? Pourquoi la caille et la
cicogne émigrent et reviennent aux mêmes lieux ? Qui nous explique
l’amour des femelles pour leurs petits, et l’insouciance des mâles de
plusieurs espèces d’animaux, tandis que dans d autres espèces les mâles
partagent avec les femelles le soin d,es petits ? Qui nous explique la
sociabilité de la corneille et l’inclination de la pie à vivre en solitude;
la jalousie exclusive du coq et du taureau, et la compatibilité
réciproque des poules et des vaches ? Qui nous explique ce que nous
appelons finesse, courage, fierté, rectitude, morale ? Est-ce 1 expérience
? mais tous ces sentimens précèdent l’expérience : 1 araignée file,
le castor bâtit, le rossignol voyage , avant d’avoir de 1 expérience. Est-
ce l’attention, la réflexion, l’induction? mais pourquoi chaque espèce
d’animal porte-t-elle son attention sur un objet différent et particulier?
pourquoi tous les individus de la même espèce, fixent-ils la leur toujours
sur le même objet ? pourquoi même ne dépend-il pas de 1 homme
d’acquérir un haut degré d’attention ou de faculté d’induction pour
certains objets ? Ne voyons-nous pas qu’il en est, pour ainsi dire, dans
toute la nature comme dans l ’exemple du singe qui a 1 attention de
remplir ses abajoues de fruits et ne sait pas entretenir du feu ?
Avant de nous livrer au traité physiologique des organes dont toutes
ces facultés particulières dépendent, nous allons en examiner la structure
anatomique.
SE C T ION VIL
De la méthode d’examiner et de décrire le cerveau.
A près avoir traité des systèmes nerveux des viscères du bas-ventre
et de la poitrine, de la colonne vertébrale et des sens, l’ordre naturel
nous conduit à parler du cerveau. Jusqu’à présent on a eu des idées
très-vagues sur ce qu’on doit proprement appeler cerveau. On regardoit
généralement le cerveau comme l’origine première du système nerveux,
et en Conséquence les anatomistes qui voyoient des nerfs prendre
naissance dans les ganglions, appeloient ces parties de petits cerveaux.
D’ autres restreignoient l’idée de cerveau à l ’ensemble de la substance
nerveuse renfermée dans le crâne, et comprénoient ainsi, sous cette
dénomination, la moelle allongée, et tous les nerfs qui y naissent et
ceux qui sortent plus haut. Les auteurs qui pensoient que la moelle
allongée et la moelle épinière sont une prolongation ou une continuation
du cerveau, appeloient toutes ces parties d’un nom commun
masse encéphalique.
De la marche que nous avons suivie dans nos recherches, il résulte
que, pour éviter toute confusion d’idées , et pour poser des limites
plus marquées, nous devons considérer les systèmes de la vie automatique
, ceux du mouvement volontaire et ceux des sens, comme entièrement
distincts, et ne comprendre dans le cerveau que les systèmes
nerveux qui, au moins chez les animaux plus parfaits, sont les organes
spéciaux de la conscience, des industries instinctives, des penchans,
et des facultés de l’esprit et de l’ame. Par conséquent le cerveau,
de même que tout autre système, est un système particulier et indépendant,
mis en communication et en action et réaction réciproque
X, DO