
expériences et aux récits de lhistoire. Enfin nous avons rapproché de
nos opinions et de nos maximes celles des auteurs anciens et modernes.
Après avoir employé toutes ces précautions, nous osons nous flatter
qu’on nous croira suffisamment préparés à traiter de la structure ( ou
anatomie ) du système nerveux; de ses fonctions f ou physiologie ) , et
de l ’histoire de*ces sciences, à mesure quelle présente un intérêt particulier
sous le rapport de nos recherches. Nous ne parlerons cependant
de la distribution des filets nerveux dans le corps, qu’autant que nous
pourrons y joindre des aperçus physiologiques. Nous passerons sous silence
les vaisseaux et les membranes, parce qu’ils ne font pas partie de
la substance nerveuse. Nous nous attacherons surtout au cerveau, comme
à l ’organisation la plus délicate et la plus parfaite, et comme à l’instrument
immédiat de l’ame. Ces travaux nous paroissent d’une importance
d’autant plus grande, que c’est dans cette partie que les connoissances
des anatomistes , des physiologistes et des philosophes sont le plus arriérées.
Mais par ce motif même nous croyons avoir quelque droit à
l ’indulgence de nos contemporains et de la postérité, pour les imperfections
et les erreurs qu’on pourra relever dans notre ouvrage. On ne
devra les imputer ni à un manque d’application, ni à l’omission des
moyens nécessaires, mais uniquement à l’insuffisance de nos talens et à
la brièveté de la vie. Nous indiquerons nous-mêmes quelques lacunes
dans notre doctrine ; sans doute nos successeurs en découvriront d’autres
dont notre vue bornée nous empêche d’avoir seulement le pressentiment.
PHYSIOLOGIE
DU SYSTÈME N ER V EU X EN GÉNÉRA L,
ET
ANATOMIE DU CERVEAU EN PARTICULIER.
SECTION I.re
Du nerf intercostal, ou du grand nerf sympathique.
F idèles à cette maxime, que dans toutes les recherches il faut procéder
du simple au composé, nous traiterons, dans le même ordre ,
les différens systèmes nerveux.
Dans les animaux les plus nobles, les plexus et les ganglions du
bas-ventre et de la poitrine, ou le grand nerf sympathique, étant le
système de l’ordre le moins relevé , nous allons commencer par la considération
détaillée de ce nerf.
Conformément au principe qui plaçoit dans le cerveau l’origine de
tous les nerfs, onfaisoit aussi naître, médiatement du cerveau et immédiatement
de la moelle épinière, le nerf sympathique, et Ion regar-
doit les plexus des entrailles comme une continuation du même nerf;
mais cette opinion étoit si peu conforme à la nature, que les meilleurs
anatomistes et physiologistes ne tardèrent pas à la révoquer en doute.