
y prend son plus fort accroissement. Ce ganglion est placé précisément
au point où le nerf acoustique se contourne sur le corps restiforme du
cervelet, et sa grosseur est toujours proportionnée à celle du nerf auditif.
La plupart des anatomistes, tels que Cuvier, Portai, Sabatier, Bi-
cbat, se contentent de faire venir le nerf auditif des stries médullaires
du quatrième ventricule, sans faire mention du ruban gris ni de l’élévation
oblongue des animaux.
Chez les animaux, immédiatement derrière le pont, il s’étend d’un
nerf auditif à l’autre, PI. I I I , 9 ,9 , une bande large, PI. III, d-d, qui
passe par-dessus tous les autres faisceaux nerveux ascendans, à l’exception
des pyramides. Chez l’homme cette bande est couverte par la couche
postérieure du pont. Willis 1 l’avoit déjà observée; mais elle étoit
échappée aux anatomistes plus récens. Elle nous semble composée des
fibres de communication des deux nerfs acoustiques, ou en former la
commissure. Nous avons déjà dit, dans nos observations“, que cette
bande ne prend pas naissance, ainsi que le prétend le rapport des commissaires
de l’Institut, en dehors de l’abducteur, mais qu’elle forme , de
même que le pont, une bande semi-circulaire; et qu’elle a l ’apparence
d’être interrompue, parce qu’elle est couverte par les pyramides ., PI. 111,
c. Nous ne partageons pas non plus l’opinion de l’auteur du rapport,
qui avance que cette bande transversale donne naissance, au moins en
partie, au nerf facial. Ce nerf vient distinctement d’en bas, se rend au-
dessous de la bande, et sort obliquement, ou entre ses parties, PI. II I,
1 1 , ou à son bord antérieur.
Le nerf acoustique se ramifie dans le limaçon , dans le vestibule, et
dans les canaux demi-circulaires.
Du nerf tri-jumeau.
Suivant la plupart des anatomistes , tels que Willis , Vieussens ,
Winslow, Vicq-d’Azyr, Cuvier, Sabatier, Portai, Bichat, etc., le nerf
’ Cerebri anat. Amstelod. 1667. in-îa. p. 37.
’ P. m .
tri-jumeau, exactement décrit pour la première fois par Faloppia, naît
des parties latérales du pont. Santorini avoit, il est vrai, indiqué son
origine avec plus de précision que ses devanciers. Cependant Haller
qui cite cet auteur, s’en tint à l’opinion commune. Depuis, on a méconnu
entièrement l’origine véritable de ce nerf.
L ’anatomie comparée donne encore, à ce sujet, les lumières les plus
sûres. Chez les poissons, le ganglion d’où ce nerf prend son origine ,
est isolé, et les filets nerveux sont, dès leur naissance, séparés de la
masse commune. Chez les animaux mammifères on voit, au bord extérieur
de la surface inférieure de la masse commune, un gros faisceau,
PI. IH, r , qui passé sous la bande transversale déjà mentionnée, et se
détache entr’elle et la protubérance annulaire, PI. III, 12. Chez le singe
et chez l’homme, ce faisceau est couvert en partie par la large protubérance
annulaire ; voilà pourquoi il paroît prendre naissance dans le milieu
de cette partie, PI. IV, B. 12. Mais si on enlève avec précaution la
moitié postérieure du pont, jusqu’au faisceau de ce nerf, l ’on peut aisément
suivre son cours entier jusqu’au dessous du côté extérieur des
corps olivaires, PI. V, A. k-i. De cette manière, on aperçoit aussi très-
distinctement qu’il est divisé déjà dans l’intérieur du pont, en trois
faisceaux principaux, et que ses fibres naissent de la substance grise
en différens endroits.
MM. les C Commissaires de l’Institut ont pensé que cette paire de nerfs,
ainsi que l ’abducteur et le facial, ont une disposition différente chez
les animaux herbivores, et chez les carnivores; que chez ceux-ci, le
pont de Yarole est plus large que chez les premiers, et qu’en conséquence,
ces nerfs s’en écartent de la même manière que chez l ’homme
et le singe. Mais nous avons prouvé que le pont n’est pas plus large
chez les animaux carnivores que chez les herbivores ; il n’est pas plus
large dans le chat, le tigre, le lion, le lynx, le chien, la marte et la
taupe, que dans le boeuf, la brebis, le cheval, le lièvre, etc. Quoique
cette partie soit d’une largeur assez considérable dans l’ours, cependant
les nerfs mentionnés s’écartent au bord postérieur du pont. Le cervelet
na rien de commun avec le besoin de la nourriture; par conséquent,