
ment basés sur la considération des particuliers sont d’autant
moins flatteurs qu’ils attestent toujours la foiblesse
de ceux qui les donnent.
Assez souvent nous avons aussi prouvé en détail la
fausseté des opinions d’hommes qui, au jugement de plusieurs
de nos lecteurs, ne méritoient peut-être aucune
attention de notre part. Il est certain que nous ne nous
fussions pas exposés au reproche qu’on pourra nous faire
à cet égard, si nous n’avions pris en considération l’histoire
de la science, et s’il nous eût été possible de taire
les noms des auteurs et des partisans de certaines objections.
Quiconque est une fois convaincu d’une vérité
par l’évidence des faits , trouve toutes les objections
également insignifiantes ; mais il n’en est pas de même de
ceux qui doutent ni de ceux qui lisent pour s’instruire;
comment feront ceux-ci pour discerner une objection
fondée, de celle qui ne sera que futile ?
Il n’est arrivé que trop souvent que des hommes du
plus grand mérite nous ont proposé les scrupules les
plus minutieux. Chacun a un enchaînement d’idées à
lui avec des points de contact et des habitudes qui lui
sont propres.Tel qui, à certains égards, devance de beau-;
coup ses contemporains,. se trouve sous d’autres rapports
arriéré de plusieurs siècles ; voilà pourquoi les
plus grands hommes tombent quelquefois dans les bévues
les plus incroyables. Si nous ne répondions qu’aux doutes
çt aux difficultés des hommes qui font autorité, combien
de fois ne courrions-nous pas le risque d’être accusés
d’erreur dans notre choix? Tout dépend ici du degré des
connoissances acquises. Que l’on demande, par exemple,
si ce sont les, muscles qui produisent les protubérances des
qsdu crâne? MM. Ackermann, Walter,Hufeland, Portai,
adoptent l’affirmative sans hésiter, quoique nous soyons
convaincus avec Soemmerring qu’elle est en contradiction
avec les lois de l’organisation et avec tous les faits. Lequel
du cerveau, qui est mou , ou du crâne, qui est dur, imprime
sa forme à l’autre ? Si nous nous décidons pour la
première opinion, nous aurons contre nous peut-être
la plupart de nos lecteurs, presque tous les physiolo-
logistes et les pathologistes, quoique Galien ait déjà
entrevu cette vérité. Dans le nord de l’Allemagne, l’on
trouve superflus les argumens par lesquels nous établissons
que les dispositions sont innées dans l’homme, sans
que pour cela sa liberté morale en soit moins réelle; et
ailleurs l’on a au contraire bien de la peine de s élever
jusqu’à l’idée de la coexistence des dispositions innées
avec la faculté de n’en être pas irrésistiblement maîtrisé.
Tandis que, d’accord avec les pères de l’Eglise, avec les
moralistes et avec les instituteurs, nous démontrons l’influence
de l’organisation sur l’exercice des facultés intellectuelles,
sans rendre pour cela lame matérielle, Walter,
Ackermann, Steffens, et une foule d’autres crient à
l’effroyable matérialisme. Où donc commencer, et où
s’arrêter, pour ne parler que d’objections importantes
ou insignifiantes aux yeux de chacun ? Chaque auteur
et chaque professeur a son parti et sa sphère d’activité,
ï. ' e