
nombre quelconque, pour ce qui concerné l’application physiologique.
Dans le fait, il n’est pas toujours facile de décider en quel point bon doit
commencer à considérer chaque appareil nerveux eomme un système
complet. Plusieurs paires, par exemple la cinquième, sont, dès leur
naissance et à leur écartement de l’ensemble de la masse, divisées en
faisceaux ; dans d’autres paires1, ce n’est qu’aprèsun trajet plus ou moins
long que se ramifient les nerfs affectés à des fonctions différentes.
La division des nerfs, établie d’après les endroits d’où ils partent,
par exemple, en nerfs de la moelle allongée, du pont de Yarole, du
cerveau et du cervelet, a dû jusqu’à présent être très-defectueusé, puisque
l’on a constamment été dans l’erreur sur leur véritable origine.
On ne peut pas non plus les ranger suivant leur grosseur proportionnelle.
Chez les individus de la même espèce, par exemple chez l’homme,
cette proportion change souvent d’une manière frappante. Si l’on vou-
loit rendre un tel ordre applicable aux différentes espèces d’animaux,
il faudroit en établir Un pour chacune.
Nous ne nous conformerons, ni à l ’ordre précédemment usité pour les
paires des nerfs cérébraux, ni à l ’expression de moëlle allongée, etc. ;
mais nous nommerons, et nous exposerons chaque système nerveux,
diaprés ses fonctions spéciales. Cette méthode, il est vrai, n’est pas encore
jexempte de difficultés; nous serons souvent obligés à nous en tenir
uniquement à leurs rapports organiques. Mais pour faire des progrès
en physiologie, il vaut mieux pressentir les difficultés, et par là être provoqué
à les vaincre, que de glisser légèrement sur les choses, en se
bornant à leur structure mécanique.
Du nerf accessoire.
Le nerf accessoire, PL T , fig. IV ; PI. II, fig. I , II, f. f . , étoit connu
des anciens. Galien 1, Oribaze et Avicenne le regardoient comme une
branche de -leur sixième paire (vagus). Eustachi * le fit dessiner jusqu’au
1 Anat. nerr. e. 10.
1 Tal». ià ;'
troisième nerf cervical. Depuis Willis etVieussens, il est généralement
considéré comme une paire particulière et bien positivement séparée
du vagus.
Il forme un passage naturel des nerfs cervicaux aux nerfs de la tête ;
car quelques-uns de ses filets naissent dans le cou, PL II, fig. 11, f, f,
et d’autres dans la tête , PI. IV, 2-3. Tous viennent des racines postérieures,
et varient souvent des deux côtés, de même que dans les divers
individus, en nombre, en grosseur et en longueur; ses premiers filets
sortent tantôt plus haut, tantôt plus bas de la masse nerveuse cervicale-
Coïter, Morgagni, Huber, Santorini, ont vu naître le nerf accessoire
de la cinquième paire des nerfs cervicaux; et Willis, Ridley, Huber ,
Haller, Soemmerring, e tc., de la septième paire. La'plupart des filets
semblent être simples à leur origine; cependant il sort quelquefois dans
le cou, PL II, fig. II, entre 29-30, et ordinairement dans la tête,PI. IV,
5, 5, plusieurs petites racines qui se réunissent en un filet plus gros, pour
se joindre au tronc commun. Tous les filets se dirigent de bas en haut.
Sur la face antérieure de la masse nerveuse cervicale, le nerf accessoire
est couvert en partie par le ligament dentelé, et sa partie supérieure
ne devient ordinairement visible qu’entre la seconde et la troisième
paire des nerfs cervicaux où il s’écarte de la moelle épinière,
PI. II, fig. II, 26-27. Il scn éloigne graduellement davantage, et s’unit
enfin au nerf vocal dans l’endroit où ils sortent tous les deux du crâne.
Quant au petit ganglion dont parle Huber, et qui doit se trouver dans
le voisinage du premier nerf cervical, PI. IV, 3o , nous n’avons pu le
découvrir, malgré des recherches nombreuses, aussi peu que Haller,
Asch, Soemmerring, etc.
Les branches du nerf accessoire se ramifient dans les muscles scapulaire
et sterno-mastoïdien, et dans le pharynx : ce; qui explique les phénomènes
de la sympathie de l’oesophage et de l’estomac avec ces muscles,
les mouvemens convulsifs des Omoplates, de l’oesophage, du pharynx
dans l’hydrophobie, les douleurs des omoplates, la roideur des muscles
scapulaire et sterno-mastoïdien dans les maux d’estomac