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S E C T ION IX.
Du cerveau.
E n faisant la description anatomique du cerveau, nous nous occuperons
principalemént du cerveau de l’homme. C’est celui dont l’organisation
est la plus parfaite, et dont les diverses parties peuvent en
conséquence être représentées de la manière la plus sensible.
Il n’est pas à la vérité possible de démontrer que tel ou tel animal
ne possède quelque qualité, et par conséquent quelque partie du cerveau
dont on ne rencontre pas la moindre trace dans l’homme. Mais
la même raison s’oppose à ce que nous puissions nous former aucune
idée d’une telle qualité. D’après la connoissance que nous avons des
animaux nous ne découvrons en eux aucune faculté , aucun mode
d’action dépendans du cerveau dont le type ne se retrouve pas en
nous. C’est pourquoi nous sommes fondés, en quelque manière, à regarder
les cerveaux des animaux comme des fragmens du cerveau de
l ’homme, et à chercher dans le cerveau humain toutes les parties dispersées
dans les diverses classes d’animaux. En ôtant et en retranchant
quelques parties du cerveau de l’homme nous le ravalons au niveau
du cerveau des animaux, et en ajoutant de nouvelles parties à celui-ci,
on peut] l'élever à la perfection du cerveau humain. Ainsi l’examen
des cerveaux des animaux ne sera pas difficile à celui qui connoît le
cerveau humain et les lois de son organisation.
On procéderoit conformément à la marche de la nature, en commençant
par décrire les cerveaux les plus simples , suivant les progrès
du perfectionnement graduel, et finissant par le cerveau humain.
Ce mode de recherches anatomiques seroit certainement le plus
fécond sous le rapport philosophique et physiologique , si l’on pou-
voit déterminer la fonction de chaque nouvelle addition de parties
cérébrales. Mais tant que ce champ immense ne sera pas exploité, le
tableau du cerveau et de ses fonctions restera imparfait. Peut-être le
temps et les circonstances nous mettront dans la possibilité de faire
plus à cet. égard que nous n’avons fait dans cet ouvrage. Quoique cet
objet soit toujours présent à nos regards, on ne peut considérer notre
travail que comme une base et un essai d’un travail plus parfait.
Quelle vaste perspective pour un Scemmerring , pour un Reil et pour
tous ceux qui auront le courage de suivre leurs traces et les nôtres I
Le cerveau consistant en plusieurs divisions dont les fonctions sont
totalement différentes, il existe plusieurs faisceaux primitifs q u i, par
leur développement, contribuent à le produire, conformément aux
lois auxquelles obéissent les autres systèmes. Tous ces faisceaux sont
composés graduellement de fibres produites dans la substance grise du
grand renflement. On doit donc les considérer comme les premiers
rudimens ou au moins le commencement visible du cerveau ; quoiqu’ils
soient de même que les autres systèmes nerveux , mis en communication
et en action réciproque avec les systèmes nerveux situés au-
dessous d’eux. D’après nos connoissances actuelles , nous rangeons
parmi ces faisceaux les pyramides antérieures, PI. IV, i- c , et postérieures,
PI. A I, î-c , les faisceaux qui «sortent immédiatement des
corps olivaires, PI. V , a, les faisceaux nerveux longitudinaux qui
aident à former en partie la quatrième cavité, PI. VI , m, m, et encore
quelques autres qui sont cachés dans l’intérieur du grand- renflement.
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Tous ces faisceaux ne naissent pas d’une manière uniforme. Le côté
où ils naissent tous Ç si l’on en excepte ceux des pyramides antérieures)
est celui où ils doivent devenir des parties du cerveau. Il en est
tout a ulrcment des fibres nerveuses des pyramides, celles qui naissent
du côté droit dès le commencement du grand renflement à peu près
à quinze lignes au-dessous de la protubérance annulaire, se réunissent
d’abord en deux à cinq petits cordons, puis se rendent au côté gauche