
les classes d’animaux auxquelles il supposoit une ame, et dans l’homme,
il s’opère des mouvemens sans la participation de l’ame, qui peuvent
conséquemment continuer un certain temps après la mort." C’est dans
ce même esprit qu’écrivirent Isenflamm, Cullen, Gregory, Musgrave,
Delaroche, Jhær, Schaeffer, Gardiner et plusieurs auteurs modernes.
C’est ainsi que le naturaliste approchoit par degrés de la connois-
sance de la véritable cause des phénomènes, et qu’il apprenoit à les
considérer sous des points de vue généraux. On voyoit tous les corps
tendre continuellement vers le centre de la terre; on remarquoi't que
tous les corps et toutes leurs parties s’attiroient et se repoussoient réciproquement.
On découvrit les lois de la pesanteur et du mouvement,
les lois des affinités chimiques, de la fermentation, et de la putréfaction.
On n’eut plus besoin, pour comprendre le cours des astres, la
cristallisation dans le sein des montagnes, lès météores, les phénomènes
du magnétisme et de l’électricité, de recourir au pouvoir magique
d’êtres surnaturels ; et la croyance que la matière n’est pas sortie
entièrement inactive et inerte des mains du créateur, cessa d’être la
propriété mystérieuse d’un petit nombre de sages.
Lorsque l ’homme fut arrivé à ce degré d’instruction, les phénomènes
du règne végétal ne lui parurent plus étranges. Une particularité et
une condition de plus, doivent nécessairement produire un plus
grand nombre d’effets. C’est ainsi que l’on voit le germe organique s’éveiller
à la vie dans des circonstances extérieures favorables, se développer,
et transformer dans sa nature les corps étrangers : on voit les
plantes effectuer des sécrétions et des excrétions; on les voit croître,
fructifier et se multiplier, profiter ou mourir à l’ombre , se tourner
du côté de la lumière, se rouler autour des objets environnans et
s’y attacher. On observe que les racines cherchent la nourriture qui
leur convient; que les feuilles et les fleurs se ferment, souvient,
se penchent et se redressent, suivant les variations de l’atmosphère
et à différentes époques du jour et de la nuit; quelles réagissent
d’une manière précise et toujours uniforme lorsqu’elles éprouvent
une irritation extérieure, et que même les individus des différentes
INTRODUCTION. 9
espèces ont des sympathies et des antipathies réciproques. On sait que
dans le Valisneria la tendance des parties sexuelles mâles vers les parties
sexuelles femelles est si forte, que les fleurons mâles se séparent
de la plante qui les porte, et vont, à la surface des eaux, chercher
et féconder les fleurs de la plante femelle. Onreconnoît dans les plantes
la circulation de leur sève, et les vaisseaux absorbans et exhalans; on
les voit devenir malades d’après les mêmes lois que les animaux, et
guérir de même par les lois de leur Organisation , etc. On regarde aujourd’hui
sans crainte toutes ces preuves d’une action et d’une vie intérieure,
comme des propriétés du règne végétal, et l’on devroit s’en
servir pour se garder de faire dériver, dans le règne animal, des phénomènes
semblables d’un principe différent.
Nous savons que des propriétés d’un ordre élevé, unies à des propriétés
d’un ordre inférieur, les maîtrisent, mais ne les excluent pas ;
que, par exemple, les propriétés chimiques des pierres et dés métaux ne
détruisent pas leurs propriétés physiques ; que les propriétés organiques
des plantes n’anéantissent pas leurs propriétés physiques et chimiques;
nous devons donc retrouver les phénomènes de l’irritabilité dans les
zoophytes. Mais à mesure que de nouveaux appareils se manifestent, il
doit aussi exister de nouvelles propriétés qui lient ou modifient les
précédentes ; ce qui occasionne d"es phénomènes nouveaux. Par conséquent
, si les zoophytes ont une vie propre, si leurs germes sont
presque indestructibles, si leur faculté de régénération nous frappe
d’étonnement; s’ils parùissent admettre à volonté leur nourriture dans
leur canal intestinal, etc.; pourquoi vouloir l’attribuer à d’autres
principes que ceux que nous regardons comme des propriétés d’nn
organisme plus parfait?
Si nous remarquons dans les vers, dans les insectes, dans les mollusques,
des fonctions qui annoncent une vie plus composée, et, suivant les
apparences, plus libre, nous voyons aussi en eux des appareils nouveaux
que nous n’avions pas trouvés dans les classes inférieures. Nous apercevons
des nerfs, et des systèmes nerveux plus ou moins nombreux. C’est
par eux que l’activité de toutes les parties est ennoblie, et qu’il en résulte
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