
Du nerf hypoglosse.
Vesale dérivoit encore le nerf hypoglosse des pyramides. Eustachi,
Vieussens, Winslow, Santorini, le font sortir entre les corps olivaires
et les pyramides. Haller et Scemmerring disent qu’il naît en partie entre
les corps olivaires, PI. IV, a , et les pyramides, PI. IV, î-c, et én partie
plus bas ; ce qui, en général, est exact. Ses filets sortent, à la manière des
racines, des nerfs cervicaux. Plusieurs de ces filets se réunissent ordinairement
en trois, et quelquefois en quatre faisceaux ; ceux d’en haut et
ceux d’en bas se rapprochent du faiséeau transversal du milieu, PI. IV,
4, et sortent de la dure-mère par une, deux, et quelquefois trois ouvertures.
Cettê paire de nerfs fournit des branches à tous les muscles qui sont
attachés à l’os hyoïde, aux muscles mylo-hyoïdien et sterno-thyroïdien,
et aux glandes salivaires. Ces branches agissent dans la déglutition. Ce
nerf se réunit encore à la cinquième paire, au vocal, au nerf accès-
soire, au sympathique, à quelques nerfs cervicaux, et au nerf diaphragmatique.
Il ne sert point au goût,mais seulement au mouvement de la langue,
etagitdanslamastication, la déglutition, la parole, le chant, etc.
Sa communication avec les nerfs cervicaux explique comment on perd
la voix, lorsqu’il y a lésion de la masse nerveuse cervicale '.
Du nerf vocal.
Le nerf vocal, PL IV, 6 , sort avec des filets nombreux, par le côté,
entre les corps olivaires, Ibid, a, et restiformes, e, e, plus près cependant
des derniers que des premiers, ainsi que Vieussens l’a déjà observé.
Quant aux filets dont parlent Santorini et Scemmerring, et qu’ils croient
pouvoir suivre jusque dans le quatrième ventricule du cerveau, nous
n’avons pas plus réussi que Haller * aies découvrir. A leur naissance, les
■ Voy. Scemmerring. 1. c. p. 254 et suiv.
■ Phys. tom. IV , p. 23i .
différens filets nerveux sont distincts ; mais ils se réunissent en divers
faisceaux, et forment au-dessous du cervelet un cylindre aplati qui sort
du crâne par une échancrure particulière de la veine jugulaire.
Ce nerf se joint à un grand nombre d’autres; aussi l’appelle-t-on le
vague ( vagus J. Il s’unit au nerf accessoire, au ganglion du glossopha-
ryngien, au nerf sympathique, à l’hypoglosse, souvent au premier nerf
cervical, au plexus cardiaque, aux plexus pulmonaires antérieur et postérieur
, aux plexus antérieur et postérieur de l’oesophage, aux plexus hépatique
, splénique et stomachique. Il se ramifie dans le pharynx et le
larynx, dans la glande thyroïde, dans les vaisseaux sanguins du cou,
dans les gros vaisseaux du coeur, dans les poumons, dans le foie, dans
la rate, l’estomac, le duodénum, et quelquefois dans le diaphragme.
On voit par là que ce nerf joue un rôle extrêmement importan t dans
l'économie animale, et mérite toute l’attention dés praticiens. Comme
il se ramifie principalement dans les organes vocaux, que ses lésions dérangent
la voix, et que l’on perd entièrement la parole lorsqu’il est coupé,
il semble tout seul destiné à la formation de la voix. Ses nombreuses
communications expliquent le dégoût, la toux et le vomissement
qui surviennent, lors que l’on chatouille le gosier; l’oppression et
la toux, occasionnées par la saburre qui se trouve dans l’estomac ; l ’étranglement
du gosier, causé par les dérangemens de l’estomac et du bas-
ventre ; la liaison qui existe entre la langue et la parole; les altérations
qu’éprouve la voix par suite des lésions de la masse nerveuse cervicale et
dorsale ; l’enrouement, l’extinction de voix, effets des acrimonies, des
vers, ou de la saburre dans le canal intestinal “.
D’après les principes que nous avons exposés, en parlant des systèmes
nerveux de la poitrine et du bas-ventre, on ne peut plus soutenir que le
nerf vocal forme les plexus et les ganglions que l’on rencontre en suivant
son cours. Ces ganglions et ces plexus ne peuvent être considérés que
comme des appareils destinés à renforcer ce nerf, ou comme des systèmes
particuliers et spéciaux, avec lesquels il est uni par des branches
communiquantes.