
crité ; tandis que dans d'autres parties ils surpassoient
leurs condisciples sans aucun effort et sans, pour ainsi
dire, s’en apercevoir. Mais dans le fait nos maîtres ne
sembloient pas ajouter beaucoup de foi au système de
l’égalité des facultés, car ils croyoient pouvoir exiger davantage
d’un écolier, et moins d’un autre. Ils nous par-
loient souvent de dons naturels, de dons de Dieu § et
nous Consoloient dans le sens de l’évangile, en nous
disant que chacun de nous n’auroit de compte à rendre
qu’en proportion des talens qu’il avoit reçus.
Ajoutez à ce que je viens de dire, que j ’observois dans
les animaux privés et sauvages dont j ’avois toujours un
certain nombre autour de moi, des différences de facultés
et de moeurs comme dans les hommes. Un chien
étoit presque de lui-même habile à la chasse, tandis
qu’un autre de la même race et de la même portée, ne
pouvoit être dressé que très-difficilement ; Furr étoit
très-hargneux et cherchoit querelle à tous les chiens,
pendant qu’un autre étoit très-doux et très - paisible ;
cèlui-ci riê retrôüVoit plus son chemin quand il étoit à
une petite distance; celui-là au contraire, quoique fort
jeune, revenoit seul dés endroits les plus éloignés. Un
oiseau écottfoit avec beaucoup d’attention Faîr qu’on
jouoit devant lui, et l’apprenoit avec une facilité singulière
; un autre de la même couvée, n’apprenoit rien que
son chant naturel. Un pigeon étoit l’époüx fidèle de sa
femelle, pendant qu’un autre se glissoit dans tous lés
colombiers pour emmener des femelles étrangères , été.
On ne pouvoit alléguer dans ces cas là ni la mauvaise
volonté ni l’éducation.
Je dus, en conséquence, conclure que les facultés
des hommes et des animaux sont innées. JVfais alors il
se présentait cette question : sur quoi est fondé cet état
de choses ? Est-ce un principe particulier dont les facultés
elles-mêmes constituent l’essence, et qui soit en même
temps doué du libre exercice de ces facultés ; ou bien
çe principe, et l’exercice de ses facultés, spnt-ils subordonnés
à certaines conditions matérielles ?
Si ce principe jouit del’çxercice de ses facultés indépendamment
de l’organisation, il est, ainsi que toutes
ses fonctions, hors de la sphère du physiologiste; le
métaphysicien et le théologien peuvent seuls prononcer
sur sa nature. Mais je demanderai aux défenseurs de
cette opinion si ce principe spirituel, prétendu indépendant
et absolument libre, est autre dans le sexe
masculin que dans le sexe féminin ; s’il est différent
dans l’enfant, dans l’adolescent, dans le jeune homme,
dans l’homme fait, et enfin dans le vieillard décrépit ?
Eprouve-t-il quelque.modification selon la qualité et la
quantité des alimens dont on s’est nourri, selon que la
digestion a été facile ou laborieuse, que les organes du
corps sont plus ou moins en mouvement ou en repos ?
Que devient cette essence indépendante, dans le sommeil,
dans l’ivresse, dans l’hydrocéphale, dans les inflammations,
les ulcères, les épanchemens, les excroissances
du cerveau, dans le dérangement des fonctions des