
Les voitures remontées et bien chargées,
nons continuâmes notre route, et fîmes quatorze
lieues en deux jours. Je me trouvai
vis-à-vis deMossel-Baie (Baie auxMoules);
e’est celle qui , sur les cartes marines, porte
le nom de Baie-Saint-Blaise ; l’atterrage au
sud est très-difficile, à cause, des rochersI
escarpés qui la bordent de ce côté, et dont
les bases s’étendent un peu loin dans la mer;
mais son côté nord offre une petite plage
sablonneuse où les chaloupes peuvent arriver
facilement; les environs de ce pays sont
parsemés de bonnes habitations qui pour- j
roient être une ressource pour les vaisseaux
qui viendraient y mouiller. Une fontaine
salubre, éloignée de la mer d’environ mille
pas, et qui forme un petit ruisseau qui se
décharge près du mouillage, leur fournirai
de l’eau en abondance. Pendant mon séjour
dans cette baie, nous ne manquâmes point
d’huitres ; elle en fournit abondamment ;
nous péchions souvent à la ligne, et ce
moyen seul nous procuroit beaucoup d’ex-i
cellens poissons ; je faisois saler ce qu’on ne
mangeoit pas. Nous entendions, toutes les
nuits, les cris des hyènes ; elles paroissoient
furieuses. Nos hoeqfs en étaient inquiétés;
mais, au moyen des grands feux dont nous
entourions notre camp, elles n’osèrent api-
procher;
A une lieüe de moi j je trouvai un K ra a l,
o u horde de quatre huttes; c’était une petite
famille hottentote qui ne passoit pas vingt-
cinq à trente personnes ; je troquai, avec
eux , quelques bouts de tâbaè contré des
nattes que j’étais bien aise de me procurer.
Je fus enchanté de la découverte, non moins
à cause du profit que j ’en tirois, que de
j l’agréable surprise qu’elle me causa. Je plis
■ plaisir à les étudier long-temps dans leur
■paisible ménage. Ils possédoient cinq vaches
iàlait,et un petit troupeau de moutons. Dans
■la saison des ouvrages, les hommes se ré-
Ipandoient sur les habitations voisines, où,
■par leur travail j ils amassoient de quoi se
■procurer du tabac, et les moyens d’amé-
Iliorer leur sort. Ils m’assurèrent que, dans
Iles grands bois qui couvrent de tous côtés
■es montagnes de ce pays, on rencontroit
■quelquefois .des éléphans et des buffles. Je
■battis sur-le-champ les montagnes et les
¡forêts ; ce fut inutilement, ni mes gens ni
|moi ne pûmes rien découvrir. Je reconnus
[bien, à la vérité, quelques empreintes de