
un nombre considérable de vaisseaux. C’est
là que se réfugient ceux qui sont dans la
baie de la T tb le , lorsque le vent d’ouest
commence à se faire sentir f e t , par la raison
contraire , lorsque le sud-est recommence
, ces mêmes bâtimens retournent à
leur premier mouillage.
Le commandant de la baie False a le rang
de sous-marchand ; ses appointemens sont
médiocres, et sa place lui rapporte cependant
beaucoup , par le commerce qu’il fait
avec les vaisseaux des nations étrangères,
soit en leur fournissant les provisions nécessaires,
sqit en achetant leurs pacotilles,
qu’il vend ensuite à la v ille , où il trouve
quelquefois le moyen d’en quintupler la
valeur.
On voit sur les bords de la haie Simon,
outre une mauvaise batterie délabrée et des
casernes, de grands magasins où sont déposées
les provisions pour les vaisseaux de la
compagnie. On y a bati aussi un très-bel
hôpital pour les équipages , un hôtel commode
pour le gouverneur qui s’y transporte
ordinairement, et y passe quelques jo\u\s,
lorsque les navires y. séjournent. Le commerce
y attire aussi des particuliers» du Cap
[qui y ont fait bâtir plusieurs maisons. Ils
fournissent des logemens aux officiers des
[vaisseaux.Tant que ces derniers y demeurent,
la baie est extrêmement vivante ; mais,
du moment que la saison permet de lever
l’ancre, elle devient déserte ; chacun dé-
[çampe ; il ne reste qu’une compagnie de la
[garnison qu’on relève tous les mois. Malheur
alors aux vaisseaux qui se présentent,
et qui ont besoin de provisions; car il arrive
souvent que les magasins sont tellement
[épuisés, qu’on est obligé de faire venir delà
[ville par charrois tout ce que demandentees
nouveaux-ven u s , et le transport coûte un
prix exorbitant. Qn p a y e , de vingt à trente
piastres, par jo u r , un misérable charriot,
! J’en ai v u payer jusqu’à cinquante piastres
, et il est à remarquer qu e , dans les
vingt-quatre heures, on ne peut faire qu’un
seul voyage.
C’est là que se pêche le plus beau et le
meilleur poisspn, particulièrement le roo-
man, qui donne son nom au rocher dans les,
environs duquel il se trouve abondamment,
Qn.y pêche encore des huitres ; mais elles,
sont très-rares.
Je ne dois,. pas* oublier de dire que, dans le