
colons nomment reeboch ; elle est encore
très-peu connue ; M. Sparmann n’a fait que
la citer, et le nom de cet animal, dans la
traduction française de son ouvrage, est mal
rendu; car reeboch ne signifia jamais boue
rouge y mais bouc de plage.
La chaleur du midi devenoit excessive. Je
fus contraint d’arrêter; tandis que mes gens
et mes attelages respiroient un peu, je fis
une petite tournée, et parvins à tuer un de
ces reeboch. Il étoit mâle ; sa couleur générale
est d’un gris tendre , plus foncé sur le
dos que sur les côtés ; il a le ventre blanc; il
n’est absolument point rougeâtre; ses cornes
n’ont guère que cinq à six pouces de longueur
; le docteur Sparmann , qui dit n’ên
avoir fait mention que d’après ce que lui en
rappelle sa mémoire, se sera trompé en
donnant un pied de long à ces cornes. La
description et la ligure de cette gazelle se
trouveront dans mon Traité des Quadrupèdes
de l’Afrique.
De retour près de mes gens, nous n’arrê^
tames que le temps qu’il falloit pour manger
quelques grillades de ma chasse, et dansl’espace
de quatre lieues qu'e nous fîmes encore
pour gagner un campement commode, noua
eûmes en vue , fort près de nous et de tous
côtés, des troupes de gazelles , bonte-boch
( jéntilope scripta de M* Pallas ), de bubales
* (Antilope bubalis ), que les colons nomment
très-improprement harte-beest ( cerf ) ; ce
qui a fait dire à plusieurs voyageurs, trompés
par ce nom, que nos cerfs se trouvoient
au Cap de Bonne-Espérance; ce qui est
absolument faux, Nous vîmes d’autres troupeaux
encore , tels que zèbres , &c. et p lu sieurs
autruches ; la variété et les allures de
ces grandes hordes étoient très—amusantes ,
et dignes de fixer l’attention d’un natura-
liste. Mes chiens poursuivoient à outrance
toutes ces différentes espèces qui se croi-
soient en fuyant et se trouvoient pêle-mêle
rassemblées en un seul peloton, selon que
les chiens donnoient. Cette confusion, pareille
aux machines de théâtre, demandoit à
peine un moment pour se développer; je
rappelois mes chiens, et chaque individu
regagnoit à l’instant sà bande qui se tenoit a
un certain éloignement des autres. Ce spectacle
sera mieux senti, si l ’on se reporte au
mois de mai dans les campagnes de la Hollande
; ce ne sont, de tous cotes , que troupeaux
innombrables de bestiaux symmé