
nues de tout le monde, je montai à cheval;,
et, suivi de deux de mes gens bien armés, je;
fis une patrouille rigoureuse , afin de découv
r ir s i , dans les environs, il ne rodoit pas
quelques Caffres, et de fusiller impitoyablement
le premier que j ’anrois vu caché
dans l ’intention de nous surprendre, s’il
m étoit impossible de l’enlever vivant. Rien
ne se présenta. Je poussai plus avant dans
l ’après-dmée. La rivière, jusque près de son
embouchure,étoit bordée d’arbres épineux,
là terre sablonneuse , couverte de buissons,
et peuplée d’un abondant gibier. J’en tuai
quelques pièces par provision. Nous ne.
vîmeS rien paraître qui dût nous inquiéter;
convaincu que nous n’avions, pour le moment
, rien à redouter de ces Caffres si terribles
, dès le lendemain matin je fis lever le.
camp, et nous quittâmes le Swaar-Kops.
La horde de Hottentots , effrayée au seul
nom de ces. cruels, vengeurs, se proposoit
d’aller s’établir plus loin , pour n’être plus
dans le voisinage de la Caffrerie. Lorsqu’elle
me v it près de partir, elle me demanda la
permission de me suivre, et de se mettre
sous la protection de mon camp. Je leur
accordai cette grâce; et, quoique dans le
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fond je fusse enchanté de leur proposition,
je m’en fis adroitement u n mérite , autant
dans le dessein de les tenir sous ma dépendance,
que de rassurer mes gens par ce simulacre
imposant, et de soutenir leur courage.
Je ne pouvois rien desirer de plus favorable ;
je renforçois ma troupe , et j’avois par-déssus
ressources particulières de cette horde,
] Avantage de ma petite artillerie, qui pourvoit
faire face à des nuées de Sagayes (1), et
rendre nuls tous les efforts d’une armée de
•Sauvages, si j’étois bien secondé. En moins
de deux h eu re s, les cabanes furent démontées
, empaquetée^ et mises avec les autres
effets sur le dos dés boeufs auxiliaires.
Je fis d’abord p a rtir avant moi la moitié
fies hommes de cette horde avec tous leurs
bestiaux ; je leur donnai deux de ihes gens,
bien armés, pour les escorter; ils emmc-
noient aussi u n de mes chevaux , afin
qu’en cas d’accident ils pussent in’en don-,
ner plus promptement connoissance.
Une heure après, je fis filer nos re la is,
vaches, moutons et chèvres, et toutes les
(i ) Espèce de lance dont se servent les Caffres avec
beaucoup d'adresse.