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pou r ainsi dire qu’un avec le corps
même de l ’animal : d ’où l ’on peut co n clure
que le p ied d ’un h é ron , pa r exemp
le , est aussi g ran d que tout son corps ;
assertion qui paroîtroit ridicule , absu
rd e , si l ’on n ’étoit prévenu que cette
distribution méthodique est adoptée pa r
plusieurs, savans. I l est donc clair qu’en
g éné ral un oiseau ne marche pas sur ses
pieds et ses talons, mais uniquement sur
ses doigts. J’ai cru cet avertissement nécessaire
pour me faire com p ren d re , s’il
m ’a r r iv e , dans le récit de mes v o y a g e s ,
ou dans l ’ouvrage plus étendu dont il
n ’est en quelque sorte que l ’introduct
io n , de p a r le r , d ’après ces convenances,
de mes acquisitions en quadrupèdes,
o ise au x , & c. O b lig é de me servir des
termes et des mesures adoptés par la
plupart des ornitho lo g is te s , les p e r -
P R É F A C E . ix
sonnes qui ne sont pas naturalistes, et
qui daigneront me l i r e , auroient infailliblement
trouvé dans les trois quarts de
mes d e scriptions, d e ’ Terreur ou de
l ’obscurité, si je ne leur donnois cette
c le f, indispensable à quiconque jetteroit
pour la première fois les y e u x sur cette
partie de l ’histoire naturelle.
Je pardonne à ces ouvrages volumin
eu x , à ces compilations immenses où
1 on met à contribution les livres anciens
, où. les textes sont tout au long
cités , o ù , pa r cela seul qu’ils sont anc
ien s , on présente comme des vérités
immuab le s , les reves de l ’imagination
ou de l ’ignorance. Mais lorsqu’épris de
la manie d une science , et ne trouvant
pas en soi les ressources propres à en
étendre les progrès ; q u e , du fond de
son cabinet, on prétend établir des prin