
ration ne fut pas longue ; les Gonaquois se
mirent de la partie, et firent une ample provision
pour eux-mêmes ; car je leur avois
permis de rester jusqu’au lendemain , et leur
a vois assigné, pour passer la nuit, une place
éloignée de mon camp.
Le soir, lorsque ces feux furent allumés,
je,,régalai mon monde avec du thé et du
çafé; Narina prenoit goût au thé, mais la
çpuleur du café lui donnoit de l ’aversion
pour cotte, liqueur; je mis la main sur ses
y e u x , et lui en fis avaler une demi-tasse;
elle la trouva honne, mais elle retournoit de
préférence au thé,; elle y revenoit même
fort souvent ; c’étoit de sa part un& finesse
dont je feignois de ne m’être pas apperçu et
qui m’amusoit beaucoup ; je suis persuadé
que cette boisson ne flattoit pas infiniment
son goût mais elle se dépêchoit de l’avaler
pgur a r r iv e r , dans le fond de la tasse, au
morceau de sucre candi qu’elle m’avoit v u y
jeter.
. Après ce goûter frugal, et les scènes piquantes
qu’il me procuroit, on sé remit, à la
danse, et vers minuit le besoin du repos fît
cesser, les plaisirs., , ;
Depuis quelque temps je couchois : dans
E N A F R I Q U E . 373
mon chariot pour éviter l ’humidité' des
nuits; je fis au chef des Gonaquois*la politesse
de le garder dans mon camp, et fa r rangeai
moi-même ce bon vieillard dans ma
canonnièrb.
Le lecteur s’attend bien sans doute, à vo ir
ma favor*te exceptee de la loi qui renvoyoit
toute la horde dans l ’enceinte que je lui avois
prescrite, et ne croira point a ma continence.
Narina se tenoit près de mo i, et ne
songeoit guère à quitter son ami... Je lui montrai
sa mère et ses compagnes qui s’éloi-
gnoient de nous, et.... je reçus les adieux de
Narina.
Je détachai deux de mes gens armés pour
passer la nuit auprès de ces Gonaquois et les
défendre contre l ’approche des animaux carnassiers;
lorsque tout le monde se fut retiré
, j ’ordonnai qu’on ne laissât plus entrer
ni sortir personne.
J eus beaucoup de peine a m’endormir
tout ce qui venoit de se passer depuis l ’arrivée
de ces sauvages j se retraçoit à mon
imagination souS des couleurs 'si bizarres et
si nouvelles ; ce que j ’apprenois du caractère
et deamoeurs de ces peuples, comparé
aux relations fades et ridicules de nos ro