
meil, et trompent à leur gré le plus, puis*
sant besoin de la nature. Il est pourtant des
momens de yeille au-dessus de leurs forces
et de l ’habitude. Ils emploient alors un autre
expédient non moins étrange, et qui, pour
n’inspirer nulle, croyance, ne cessera pas
d’être un fait incontestable et sans réplique ;
je les ai vus se serrer l ’estomac avec une
courroie ; ils diminuent ainsi leur faim , la
supportent plus long-temps, et l’assouvissent
avec bien peu de chose. Ce plaisant
moyen des ligatures est encore chez eux un
remède général qu’ils appliquent à tous les
maux. Ils bandent avec force leur tête ou
toute autre partie souffrante, et pensent
qu’en gênant le mal ils l ’obligent à fuir. J’ai
été plus d’une fois présent à de pareilles
opérations; après qu’elles étoient achevées
au désir du malade, je le voyois se calmer,
répondre plus facilement à mes questions
affectueuses,. et m’assurer qu’il éprouvoit
du soulagement : quelque bizarre que paroisse
cette coutume, elle ne seroitpas aussi
généralement adoptée par ces peuples, si
elle ne répondoit point à la haute idée qu’ils
en ont. ■.
Ceux de mes Hottentots que j ’avois en-
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voyés à fa découverte de l’hippopotame,,
furent bientôt de re to u r , et m’apprirent
qu’en côtoyant la rivière, ils en a voient reconnu
un dans un endroit tellement couvert
de roseaux, qu’il ne leur avoit pas ; été
possible d’arriver jusqu’à l’eau pour l’examiner
de plus près; mais que chaque fois
qu’il s’étoit élevé pour respirer, ils l ’a voient
distinctement entendu; qu’en vain ils avoient-
tiré plusieurs coups de fusil.pour l’effaroucher
et l ’obliger à changer de place ; qu’il
étoit probable que le lendemain il choisiroit
un autre endroit plus favorable à nos desseins.;
ils avoient aussi rencontré une vingtaine
de bufiles, et n’en avoient pas tué un.
seul.
Le jour suivant, 11 du mois, nous fûmes,
visités, pendant la nuit, par .des. lion s , des.
hiènes. et des jakals,; ils poua tinrent sur de-
qui-vive jusqu’à deux heures du, matin.,La.
fumée de toutes, nos grillades ,-efc f dei nos.
viandes fraîches les a v o it, saps doutai ai-,
tirés ; nous eûmes beaucoup- depeineiàjÇfinr-
tenir nos, chevaux, entr’autres | celui; que-
j’avois acheté de- M. Muldeio,. au. .canton
d’Auteniquois. A u x cris des bêtes, féroces,, la.
frayeur s’étoit empvaréeade ce-jeune, apipaaî^