
à tel point, que nous fûmes obligés de h*i
mettre des entraves aux quatre jambes, et
double longe a la tete pour l’empêcher dé se
détruire lui-même ; le jour ramena la tranquillité.
Nous continuâmes la dissection de
nos coudoux, après quoi l’on plia bagage.
J’avois envoyé la veille un Hottentot re-
connoîtreKpks-Kraal • c’étoit le rendez-vous
où j ’étois. convenu d’attendre mes députés •
il n’y avoit que trois jours qu’ils étoient
partis ; je ne devois pas espérer de les revoir
de si-tôt j cette nouvelle retraite pouvoit
donc m’offrir un nouveau plan de v ie , et
c’est-là que j ’allois fonder pour quelque
temps mon petit empire, si des nouvelles
fâcheuses ou quelque malheur ne forçaient
pas mes députés à sè replier sur moi ; cependant
je n’avois pas de temps à perdre, et les
précautions, toujours plus, indispensables,
dont toutes les circonstances me faisoient
une loi trè s -sé v è re , m’engageaient assez à
me hâter. Sur le rapport de mon commissionnaire,
je jugeai que nous camperions
commodément dans Koks-Kraal, et le premier
«jspect de ce beau lieu ne trompa point
mon attente. Je m’y rendis en trois heures.
Nous trouvâmes une enceinte d’environ
cinquante pieds en quarré formée. par une
haie sèche de branches d’arbres et d’épines ;
elle étoit un peu dégradée dans quelques endroits
, mais sa restauration fut à peine l’ouvrage
d’un jour, C’étoit, pour abriter nos
bestiaux, une découverte d’autant plu s .heureuse
, que cette enceinte dominoit presque
tous les environs; d’un côté, l’on découvrait
la rivière, dont nous n’étions éloignés que
de trois ou quatre cents pas. Lies bêtes féroces
n’étoient pas, l’objjet de mes plus grandes
inquiétudes ; je songeois davantage à me
garantir des Caffres répandus dans le pays.
Ne sachant point les démarches pacifiques
que je tentois auprès d’un de leurs ro is , et
les Caffres n’ayant aucune connoissanèe dé
ma façon de penser sur leur compte, il s pou-
voient Venir à tonte heure m’insulter et
m’attaquer dans mon camp,- et, ee que je*
redoutois le plus , c’étoit celui même entre
les mains de qui j’avois remis les conditions
de mon ambassade; Instruit par ses propres
yeux du nombre des gens qui restaient avéc
moi, de mes forces comme de ma faiblesse:
instruit; par mes propres avewx7 de mes; résolutions
et de la place assi^piëfe pour içoùs
rejoindre ; il étoit eu son pou voiriouide cor*