
» de la Table, sur les rades multipliées et les
» ports naturels et si rians qui bordent les
y> botes orientales de bAfrique »?
Toutenremontant pédestreinent ma montagne,
je m’entretenois ainsi aveemoi-même i
et formois, pour la conquête de ce beau
pa y s , de vains souhaits que n’exaucera jamais
la politique paresseuse des peuples de
l ’Europe.
Nous avancions, ayant toujours à l’ouest
la grande chaîne couverte de bois que nous j
avions apperçue de fort loin. Après quatre j
heures et demie de marche, je fis halte près !
d’un petit ruisseau à environ trois lieues de
la mer. Nous apperçûmes une quantité prodigieuse
de poisson qui remontoit avec la
marée. Lorsque nous la vîmes dans son instant
de stagnation, je fis barrer le ruisseau
avec le large filet de M. Mulder ; je m’en ser-
vois pour la première fois : il étoit trop long;
on le mit en double.
Je passerais pour un exagérateur, si je
disois tout ce qu’il y resta de poisson, lorsq
u e la marée fut écoulée. Le filet en souffrit
beaucoup. Mes gens en accommodèrent à
toutes sauces. Je réservai, pour moi, mie
trentaine de têtes que je mis sans, eau dans
une marmite avec différentes épiceries; je
scellai hermétiquement le couvercle avec de
la terre glaise, et j ’enterrai cette braisière
sous des cendres chaudes. Il résulta de cet
arràngement une matelote excellente, dont
je ne pouvois me rassasier, et qui me dura
plusieurs jours.
On ne sanroit choisir un emplacement
plus utile et plus agréable que celui sur lequel
je me trouvois alors , pour établir et
voir prospérer une colonie. La mer passe
par une ouverture d’environ mille pas entre
deux grands rochers, et pénètre dans les
terres à plus de deux lieues et demie. Lé
bassin qu’elle y forme a plus d’une lieue de
large ; toute la côte, à droite et à gauche, est
bordée de rochers qui ne laissent aucune
communication avec lui. Les terres sont
vigoureuses et fertiles. Des eaux fraîches et
limpides arrivent de tous côtés des montagnes
de l ’ouest. Ces montagnes, couronnées
de bois superbes , se prolongent jusqu’au
bassin par des retours et des sinuosités qui
présentent cent bocages naturellement variés
, et plus agréables les uns que les autres.
C’est sur ces bords que je trouvai beaucoup
de petits hérons blancs , de la même espèce