
deux rivières, le petit et le grand Swaar-
Kopsy ou Swarte-Kop (de la tète n o ir e ) ,
je iis dételer sur le bord de cette dernière. Je
venois d’appercevoir des empreintes que je
ne coïmoissois pas ; quelquesùms de mes
gens, a qui je les fis remarquer, m’assurèrent
que c’étoiènt' des pas de rhinocéros.
Pan dis qu’on mettait ordre à mon camp, je
suivis la trace, mais la nuit qui survint me
la fit perdre, et je retournai sans avoir rien
vu. Nous avions sur eette seconde riviè re .
qui étoit considérable, une autre horde de
sauvages. Le kraal étoit composé de neuf à
dix huttes, et fourni de cinquante à soixante
personnes tout au plus. Ces gens me conseillèrent
de ne point passer la rivière des
Bossisman qui coule près de la cote ; ils me
disoient qu’il étoit plus à propos de couper
sur ma gauche et de gagner davantage l’intérieur
du pays, pour éviter une troupe
nombreuse de Caffres qui jetoit l ’alarme
et mettoit tout à feu et à sang dans le canton;
que de coté et d’autre, ce n’étoit que
désordre et pillage , campagnes ravagées ,
habitations dévastées et réduites en cendres ;
que les propriétaires, pour échapper à une
mort prompte et sûre, avaient tout abandonné,
traînant derrière eux quelques foi-
bles restes de leurs troupeaux; qu’en un mot
je 11e devais pas m’approcher de la caffrerie,
Un avertissement aussi brusque m’en imposa
d’abord. Je rassemblai aussi-tôt mon
monde. On tint conseil sur le parti qu’il fal-
loit prendre. J’étois bien aise d’approfondir
les dispositions de tous. Il résulta dé ce concert
unanime, assez conforme à mes desseins
cachés, que nous éviterions d’abord,
autant que cela ne nous rëjetteroit pas trop
lo in , cette dangereuse troupe dé CafFres ;
que, comme nous en étions fort près, nous
Serions toujours suj nos gardes de jour et de
Uuit; que, pour éviter toute surprise, nous
ne camperions plus qu’en rase campagne ;
que nos boeufs seraient gardés à leur pâture
par quatre hommes avec leurs fusils ;
que mes chevaux ne quitteraient pins le piquet
, afin qu’en cas d’alarme ils fussent
toujours sons la main; mon grand fnsil bien
chargé devoit rester an camp, et trois coups
tirés à des intervalles égaux, étoient le signal
de ralliement pour ceux que leurs occupations
diverses auraient trop éloignés
du centre commun.
Nos précautions aussi bien prises et con-.