
rieuse de mes excursions fet de mon histoire.
J ’y reviens avec empressement, et
j éprouve .sans cesse un nouveau plaisir à
conter ces simples mais délicieuses aventures,
Toute fa horde qui avoit eu de la peine à
se séparer de moi, m’accompagna quatre
lieues plus loin, jusqu’à la rivière Louri ou
rivière des Teuracos, que les colorts nomment
Louris} comme nous l’avons vu plus
haut; oiseaux dont on trouve en effet une
grande quantité dans les forêts des environs.
Nous nous arrêtâmes ici pour prendre
congé de nos bons amis, les régaler de quelques
verres d eau-5e-vie et de quelques pipes
de tabac. Les femmes qui, pendant mon
séjour dans les environs de leuts lcraals,
s étoient attachées à mes Hottentots, et qui
peut-etre aussi regrettoient un peu ma cui-
siue, vouloient absolument nous suivre
mais plusieurs fois je m’étois apperçu, quoi-,
que j eusse feint de ne le pas remarquer,
qu il s étoit elevé quelques dérpêlés entré
mes gens ; il s’en étoit suivi un peu de relâchement
dans le service ; ainsi je refusai
nettement à ces femmes la permission de
m’accompagner et de rester avec moi, Une
seule m’avoit paru fort agissante; j’avois
remarqué qu’elle avoit grand soin de mes
vaches et de mes chèvres; qu’elle savonnoit
et blanchissoit mon linge fort proprement ;
ces raisons intéressoient assez ma personne;
mais un autre motif plaidoit plus fortement
sa cause. Elle étoit devenue la maîtresse tendrement
aimée de mon fidèle Klaas; les séparer
, c’eut été déchirer deux coeurs à-la?
fois, sans nul profit que de me montrer sévère
et diur envers un être qui m’auroit
en toute rencontre, sacrifié sa vie. JPar une
politique contraire à celle qu’eut adoptée
tout autre, je résolus de la garder.; cette
marque de préférence faisoit voir à quel
point je distinguois Klaas de ses camarade».
Que ce soit injustice ou foihleSse , je me livrai
au désir de faire au moins u n heureux %
puisque tous nepouvoient l’ê tre ,. et je n ’eus»
point dans- la suite à m’en repentir. Je don?
nai à cette femme le nom de j&agel ; elle fu t
chargée du même service qu’elle avoit toujours
fait; elle m’a suivi par-tout jusqu’au la
fin de ce voyage.
Après le départ de la horde v noua continuâmes
notre route ; mais u n gros orage»
nous força d’arrêter à Galge-Bosch ( bois de