
triquement isolés , et ne se confondant
jamais*
Sans mes chiens, j’aurois pu tuer, de ma
Voiture , un bon nombre de ces animaux
tant ils étoiept curieux et peu farouches !
mais leur approche les ayoit tous mis eiï
déroute*
Une curiosité presque familière est assez
le caractère de tous les animaux portant
eomes, particulièrement des gazelles ; il n’y
avoit que les zèbres et les autruches qui se
tinssent à une plus grande distance.
Je me trouvai à quatre ou cinq lieues des
montagnes Noires ( swarte - bergen ) , au
pied desquelles sont situés les bains chauds,
si visités et si vantés par les habitans du Cap
et les colons de l ’interienr ; j’étois empressé
de les vo ir, et craignois, en même temps,
que ma marche n en fut retardee. Pour rej
trouver d’un coté ce que j ’allois perdre de
l ’autre , je partis encore de meilleure heure
que de coutume; e t, dès dix heures du
matin, nous nous y vîmes rendus.- Cette
source minqrale d’eau chaude, distante du
Cap d’environ trente lieues, est généralement
estimee. Le gouvernement y a fait construire
, pour les valétudinaires qui y vont
prendre des bains, un bâtiment assez spacieux
et commode; le logement ü’y coûte
rien à la Vérité ; mais chacun des malades est
obligé de pourvçir à ses besoins; ce qui n’est
pas aisé dans un pays peu abondant en ressources.
Il y a? dans cette campagne, deux
bains séparés, l’nn pour les noirs, l’autre
pour les blancs. C’est encore près de là qu’est
située cette montagne appelée la Tour de
Babel y dont Kolbe a tant exagéré la hauteur
; il s’en faut bien qu’elle approche de
celle de la Table. Dans tout cet arrondissement
, la compagnie, sous l ’anspice d’un caporal
, a établi plusieurs dépôts où elle fait
engraisser tous les bestiaux dont elle a besoin
pour les fournitures de ses vaisseaux.
Je traversai, le lendemain , la rivière
Stéen-bock, non loin de laquelle est une fort
belle habitation appartenante à la veuve
Wissel ; e t , dans l’après-dînée , avant de
traverser une seconde rivière appelée Son—
der-End ( Sans-fin ) , je vis , en passant:, le
Zicken-Huys ; c’est le dépôt, ou plutôt
l’hôpital des boeufs malades de la compagnie;
ils s’y guérissent quelquefois ; mais cet établissement
a cela d’utile , que ces animaux
gâtés ne peuvent communiquer la contagion