
de grands feux. Quelques Mènes et deux
lions nous Tinrent v is ite r , et mirent tous
nos bestiaux en désordre, Nous passâmes
toute la nuit sur pied. I l ne fal lut rien moins
que nos décharges bruyantes et non interrompues,
pour parvenir à les éloigner, tant
ils montroient d’acharnement.
A, la pointe du jou r , nous vîmes une
grande quantité de gazelles spring-bocken-
ou pronJce-bocken ( houe sauteur ou de parade
, ou, pour mieux dire encore, bouc
pavaneur ) ; nom qui convient parfaitement
à cette belle gazelle, qui a la faculté de parer;
tout-à-coup son train de derrière, en le*
faisant paroître, à volonté, entièrement
blanc, de roux qu’il paroît ordinairement.
Nous reviendrons, sur cette particularité,
en parlant plus en détail de ce joli animal.
Nos provisions commençant à manquer ,
et demandant à être renouvelées, je résolus
d’employer la journée entière à faire une
grande chasse. C’étoitparmitout mon monde:
une consommation de viande dont on ne
sauroit se faire une juste idée. En conduisant
une horde entière, et tous leurs, animaux
, j’avois pris. un surcroît d’embarras,
considérable et qui m’effrayoit quelquefois,.
Nous fûmes assez heureux de tuer sept de
ces gazelles. Quoique cette espèce soit leste à
la course, à cheval on les joint facilement*
Rassemblées ordinairement en troupe, et
serrées comme des moutons, elles se nuisent
mutuellement^ ce qui ralentit beaucoup leur
marche. Une seule balle bien ajustée, peut
en traverser deux, quelquefois trois, et plus
encore.
Le jour d’après, nous fîmes une marche
forcée : nous avions eu de mauvaise eau la
veille ; il falloit, pour s’en procurer de plus
fraîche , rencontrer un bras du Sondag.
Nous le trouvâmes heureusement à quatre
heures. Nos boeufs étoient rendus. Ils avoient
travaillé par une chaleur étouffante. Je crai-
gnois qu’il n’en mourût quelques-uns, malgré
qu’on eût eu la précaution de renouveler
plusieurs fois les attelages. Le 4 ,* nous quittâmes
tout-à-fait le fleu v e , et ne fîmes, ce
jour-là, que trois lieues , tant la chaleur
.étoit insupportable ; nos boeufs se sentoient
encore de la veille.
Le 5, nous nous mîmes en route dès trois
heures dû matin. A sept heures, nous trouvâmes
encore une habitation abandonnée,
Les propriétaires sans doute, pressés parla
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