
seaux, sur lesquels, par ce moyen, ils gs
déchargent des soins et du sort de leurs pro.
génitures; le touraco, plus sensible, plUs
soigneux de sa famille, fait lui-même son
n id , y dépose ses oeufs, et les couve.
Ces deux seules habitudes suffiroientpour
le séparer entièrement des coucous, et en
former un genre à part; mais j’y reviendrai,
et j’en parlerai plus en détail dans mon Or-
nitologie d’Afrique.
•Dans lès intervalles où tantôt de fortes
pluies, tantôt de trop grandes chaleurs sem- j
bloient me forcer au désoeuvrement (ce qui!
pourtant étoif fort rare), je ne restois pas
pour cela dans l ’inaction; je m’occupois
dans ma tente à faire des trébuchets pour!
prendre vivans des animaux de toute espèce.
Mais on ne croira pas qu’avec mon!
fusil même, j’aie imaginé de m’en procurer I
souvent, de plus entiers et de mieux ménagés
que ceux que j ’attrapois dans mes pié- i
ges; c’est néanmoins de cette façon que je!
faisois quelquefois la chasse aux oiseaux les j
plus petits et les plus délicats.
I l est bon que tout naturaliste qui travaille
lui-même sa collection, soit instruit
du moyen que j’avois inventé. Cette exprès-
E N A F R I Q U E . xg!
sion n’est point hasardée ; cette idée est
neuve absolument; et, jusqu’à ce jour, je
n’ai ouï dire à personne qu’un autre que
moi en ait fait usage.
Voici quel étoit mon procédé ; je mettois
dans mon fusil la mesure de poudre plus ou
moins forte, suivant les circonstances ; immédiatement
sur la poudre, je coulois un
petit bout de chandelle, épais d’environ un
demi-pouce; je l ’assurois avec la baguette,
ensuite je remplissois d’eau le canon jusqu’à’
la bouche; par ce moyen, à la distance requise
, je ne faisois, en tirant l ’oiseau, que
l’étourdir, l’arroser et lui mouiller les plumes
; puis, le ramassant aussi-tôt, il n’avoit
pas, comme dans un piège, le temps de se
débattre et de se gâter; l ’eau, poussée par
la poudre, alloit au but, et le morceau de
suif, n’ayant pas la pesanteur de l’eau, restait
en route , ou prenoit une direction différente
: il est bien a r r iv é , dans mes premières
expériences, qu’ayant quelquefois
tiré de trop près , ou mis trop de poudre, ou
le morceau de chandelle trop épais, je le
retrouvois tout entier dans le ventre de
l’animal que je venois de tirer ; mais, après
un court apprentissage, je ne m’y suis plus