
sieurs très-jolis oiseaux ; entr’autres, deux
espèces de barbus, dont l’un e , très-petite ,
est nouvelle. J’en donnerai les figures coloriées
, dans mon Histoire naturelle des Oiseaux
d’Afrique.
Nous remontâmes ensuite le Kouga dans
l ’ordre que nous avions observé jusqu’alors;
il y avoit à peine une heure qué nous marchions,
que mon avant-garde qui s’étoit
arrêtée, m’çnvoya dire qu’elle trouvoit des
empreintes de pieds d’hommes ; la peur leur
persuadoit à tous que c’étoient des pieds de '
Cabres; ils ne voyoient par-tout que Cabres.
J’accourus , les traces ne me parurent pas
bien fraîches ; cependant, comme cette découverte
dèvenoit très-sérieuse, je sentis
qu’il n’y avoit rien à négliger, ni temps à
perdre, pour se mettre en bon état de défense
: je fis halte ; et , tandis que tout le
monde travailloit à parquer les boeufs et à
ranger le camp, suivi de mes deux chasseurs
intrépides, je partis encore pour aller à la
découverte. Nous suivîmes la trace pendant
plus d’une heure. Elle nous conduisit dans
un endroit où nous trouvâmes les restes
d’un feu qui n’étoit pas encore éteint, et
quelques os de mouton fraîchement rongés.
II étoit très-évident que les sauvages qui
s’étoient arrêtés là , y avaient-passé, la nuit ;
mais, à la vue des os rongés,,, j ’¡avais, bien de
la peine à croire que ce fussent des Cabres,
parce que, cette nation u’élèvc point de bêtes
à laine. A la vérité , if étoit possible qu’ils en
eussent ou pillé ou trouvé chez leurs ennemis.
Dans l’incertitude où me j etoient mes,
réflexions, je résolus de pousser encore, plus
avant ;< enfin, las de parcourir et de battre
la campagne , voyant que -ces, traces nous
écartoient trop et nous jetpiçnt dans une
route opposée àcelle que nous deyions tenir,
nous rejoignîmes le camp. La nuit suivante
fat assez tranquille ;, mais le jour survint
avec un orage terrible; une pluie, continu elle
nous força de rester dos dans nos tentes, e t
le lendemain nous eûmes Je désagrément. de
traverser quatorze fois, déduite ; le malencontreux
Kouga, q u i, de.qnart-d’heure en
quart-d’beure,.venoit impitoyablementnous
barrer le chemin, ne nous donnoil pas le
temps, de nous reconnaître ,. e t , sur toutes,
choses, fais oit dans er ho r riblement no s voitures
sur les. caiUqux roulans de son lit et
les éelats de rocher qu’il cliarioit dans son
CQUrs- .Ce naanége fatigant, et répété tant dé