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verte de gros cailloux roulés, rendoit le
chemin fort pénible pour les boeufs ; nous
côtoyons toujours les bords de la rivière
à trois cents pas de son cours ; la fatigue nous
força de nous arrêter ; il n’étoit encore que
quatré heures du soir. Tandis qu’on faisoit
les préparatifs ordinaires pour se procurer
unè nuit tranquille, je regagnai, en me promenant,
le rivage. Non loin de là, j ’apper-
çus les restes d’un lcraal de Caffres, et je fus
curieux de l’aller visiter; j’y vis quelques
cabanes assez bien conservées, les : autres
étoient entièrement détruitesj.mais un spectacle
plus, triste frappoit mes regards; je reconnus
des ossemens humains ; leur vétusté
me fit croire qu’ils provenoient des malheureux
dont les colons avoient fait leurs
premières victimes, et que cette expédition
datoit des commencemens de cette injuste
guerre.
La nuit du 10 s’écoula tranq uillement ; à
la vérité quelques hiënes rôdèrent autour
de nous; mais habitués à leurs manèges,
nous nous en inquiétâmes fort peu. Le
matin, mes Hottentots qui revenoient de
faire la provision d’eau, m’avertirent qu’ils
avoient vu des empreintes toutes fraîches