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traite que je m’étois choisie. Peu de jours
après, je le ris arriver. Combien je me repentis
alors d’avoir'pèrdu si-tôt la tendre
confiance qu’il m’avoit inspirée ! Je lui ren*
dis compte de la situation Cruelle où m’avoit
plongé le malheur commun, de l’affreuse
détressé où me jetoit la perte de tout ce que
je possédois au mondé. Je lui fis part de la
résolution qtië j’avois prise de rester chess
l ’honnête Slab er, jusqu’à cé que j’eùs'sé reçu,
dés nouvelles de ma famille, èt de travailler,
en attendant, à rebâtir l’édifiée de mes collections
et de mes recherches en histoire
naturelle. M! BoërS'm’avoit éco ntè tranquillement
' et Sans mfinterrompfe” :J que ne1
puis-je ici graver , en lettfés d’or, e t ses
tendres répxochés *, et ses fessantes sollicitations
de le suivre-au mômènt même ! Sans
to n , saris m orgue, sans ce verbiage impertinent
dé nos', protecteurs d’Europe, mais
avec Cette honhoriimie buvcrté et franchequi
tmesure 'l’homme par l’homme y et"juge tortf
, ! l O - " T ""t- W~ 1 ,« r •
W'siëùr1 (uïïë drfr^r^; ‘Ibmque j?eus fin i1 de
Ji >m,e k cà sé r j/ Jÿôùôji n’oublierez pas que
» vbUs m’êtés récdMiÙaUdé^ Lhùstant qtïi
»Vous voit malheureuk est aussi lé, moment
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» où je dois, à mon tour, mériter la con-
. » fiance des amis qui ont compté sur moi ; je
» n e la trahirai point.. Ma maison, ma table,
» les secours les plus pressés , je vous offre
» tout ; reprenez courage ; dressez de nou-
» velles batteries ; revenez à vos plans, et
»n’attendez pas , pour commencer1 vos
; » voyages, les nouvelles incertaines d’E u -
» rope. C’est à moi de pourvoir à ces détails*’
» Acceptez j il le faut j je le veux».
Cette ame sensible parloit à la mienne;
une langue si chère ! Un refus l’auroit trop
blessée ! Je me rendis. C’est donc à cet ami
généreux que je dus l ’avantage inappréciable
de mè livre r, sans de plus longs délais,
aux préparatifs de ce voyage tant désiré
, ainsi qu’aux dépenses ruineuses, qu’al-
loit entraîner son exécution ; j’en renouvellerai
plus d’une fois le souvenir : il devient
un besoin pour mon coeur. Je me rappelle,
avec une égale reconnoissance, tout ce qu’à
fait pour moi , dans mes. différentes apparitions
au Cap , M. Hacker % gouverneur en
second. Je, rends grâce à M. Gordon, commandant
des troupes, des'servîces qu’il'étoit
en son pouvoir de më rendre, et qu’i l ne
m’a. point épargnés* Ses, observations cù