
à ceux qui se portent bien, et dont 011 les -j
séparés*
Pavois résolu de marcher dans la nuit ; il
fallut s’arrêter à neuf heures du soir dans
la vallée du Lait-doux ( Soete-Melck ) | un
marais bourbeux nous barroitle chemin ; il
n’eût pas été prudent de s’y engager pendant
l ’obscurité*
De très-grand matin, j ’apperçus une fort
jolie maison peu éloignée de nous ; c’étoit
un poste de la compagnie, commandé par
M. Martines ; je le connoissois pour l’avoir
vu quelquefois aü Çap chez M* le fiscal ; je
l ’allai visiter; il m’engagea , comme font
presque tous les colons , à rester quelques
jours avec lui; l’impatience où j ’étois d’avancer
m’avoit fait prendre mon parti; je le
refusai opiniâtrement. Vers midi, je passai
près d’une petite horde de Hottentots ; ils
me parurent si misérables, que je leur fis
quelques présens. Ils n’avoient pas une seule
pièce de bétail, et vivoient des travaux de
leurs bras sur les ’habitations du voisinage ;
j ’invitai plusieurs d’entr’eux à me suivre, et
leur promis de les bien payer au retour; ils
ne se laissèrent entraîner que lorsque je les
eus assurés que je leur donnerois une ration
suffisante de tabac pour la route. Alors ils me
F donnèrent parole pour le lendemain. J’allai
passer la nuit aü T ig e r -H o ek ( coin du
I Tigre ) , autre poste de la compagnie ; j’y
I attendis mes recrues jusqu’à neuf heures du
I matin; et, dans le moment où je commen-
1 çois à ne plus compter, sur ces gens, et me
! disposois à continuer mon chemin, je les vis
I arriver? au nombre de tro is , avec armes et
1 bagages. Ce petit renfort me fit plaisir. Ils se
I mêlèrent avec les autres, et furent bientôt
I accoutumés. Je remis mon départ à l’après-
I midi, et résolus, en attendant, de faire une
I tournée dans les environs. Un des nouveaux
I arrivés me demanda la permission de me
■ suivre, en m’assurant qu’il étoit un excel-
I lent chasseur : j ’avois apporté de l ’Europe
■ cette prévention qu’on a toujours contre les
I gens qui prennent soin de se préconiser eux-
I mêmes, et je n’avois pas du talent de mon
1 Hottentot une haute opinion ; .je lui fis
I donner un fusil, et nous partîmes ensemble.
Nous eûmes bientôt joint quelques trou-
I pes de gazelles ; le pays en étoit couvert
I mais elles se tenoient toujours hors depor-
l tée. E n fin , après avoir bien couru, mon
1 chasseur m’arrêtant tout d’un coup, me dit