
un quarré long de trois pieds de hauteur J
et construit à sec avec des éclats du rocher I
dont l’île s’environne. J’aurois été curieux I
de fouiller dans l’intérieur de la tombe. Elle I
renfermoit peut-être, avec la triste dépouille I
du capitaine, l ’histoire de sa mort, ou quel-1
qu’indice sur sa famille et sa patrie. Si j’avois I
été seul, j’aurois osé troubler sa cendre;|
mais, avec des marins hollandais, je me
gardai bien d’en faire seulement la proposition.
Le respect pour les morts est poussé
chez eux jusqu’au scrupule; ils ne m’au-
roient point vu de bon oeil porter les mains I
sur cette tombe solitaire et paisible j et, I
comme par-dessus tout ils sont superstitieux I
à l’excès, s i, dans la suite , il étoit arrivél
quelqu’accident au navire, ils n’auroientl
pas manqué de m’en attribuer la cause : je I
.fis prudemment de me taire ; mais, en quittant
cette île , je me réservai, tout bas, le
droit d’y revenir un jour.
ÿious emplîmés notre chaloupe de toutes
les espèces d’animaux qne nous axions sous
la main. Lies manchots ne furent pas oubliés. !
Nous en tirâmes beaucoup d’huile à brûler.
Nos matelots a voient aussi ramassé une
prodigieuse quantité d’oeufs qui nous four-
L iren t , pour plusieurs jours, un aliment
■que nous trouvions délicieux, et quivenoit
interrompre, fort à propos, la monotonie f de la nourriture sèche et trop uniforme du
! navire. Jj .
J’ajouterai à cette digression, que ) ai crue
lintéressante, u n seul mot sur le lion et le
[ veau marins. Ils ont été cités par tant d au-
[ teurs, s o u s des dénominations si différentes,
[des caractères si faux, qu’on est enfin par-
f venu à n’y plus rien comprendre. Ce que je
[ puis dire, quant au premier de ces mons-
I très, c’est que je n’ai jamais v u , à ceux du
¡Cap, aucune de ces trompes d’un demi-pied
f de long qui pendent, à ce qu’on assure, à
¡l’extrémité de la mâchoire supérieure du
[ mâle. Pour le second, qne les Hollandais
i ont nommé roiJjen, ils sont de la meme es-
[ pèce que celui qu’on montroit, il y a trois
I ou quatre ans, dans une des boutiques du
1 Palais-Royal, et qu’on appeloit tigre de
I mer } tandis qu’en même temps on en faisait
[voir un pareil à quelques boutiques plus
s loin, sous un nom différent. L ’est ainsi que,
[ quinze ans ¡plus tô t, le crédule et bon Parisien,
qui n’auroit pas voulu faire un pas
pour voir un chameau, çouroit en foule à