
c’étoit mie horde hottentote qui chantoit et*
se divertissoit. Je me rassurai, et fus même
enchanté de cette nouvelle, qui me pro-
mettoit pour le lendemain une entrevue intéressante.
Nous gagnâmes notre g îte , et
chacun se rendormit tranquillement.
De bon matin,je fus de nouveau réveillé
par des ramages qui n’étoient, pas moins de
mon goût. C’étoient des oiseaux que je ne
connoissois point, et que je n’avois jamais
entendus. Je les trouvai magnifiques. Je fus
ébloui par le brillant et le changeant d’une
sorte d’étourneau cuivré, que j’ai décrit
sous lenomhottentot de Nabiroop (Voyez
le n°. 89 de mon Histoire. Nat. des Oiseaux
d’Afrique ) ; d’un sucrier noir à gorge amé-
thiste , d’une belle espèce nouvelle de couroucou
à ventre rouge,et d’un oiseau que j’ai
nommé martin-chasseur, par rapport,à sa
ressemblance avec un martin-pêcheur, et
enfin de beaucoup d’autres. Je vis aussi des
espèces que j’avois déjà rencontrées précédemment.
Ije gibier me parut aussi fort abondant ; je
voy ois sur-tout défiler devant moi des Compagnies
innombrables de cette sorte de perd
rix rouge dont j’ai déjà parlé, et que les
colons nomment faisan rouge, ainsi que
quelques gazelles bosch-bock. La facilité de
me procurer tous ces animaux, dont je
n’avois trouvé nulle part la plus grande par'’
tie, me causa beaucoup de joie.
Pendant que je m’amusois.à tirer des-oL
seaux, je permis à mes Hottentots d’aller
reconnoître et visiter les leurs. La connois-
sance fut bientôt liée avec cette horde sauvage
; je me rendis à mon tour auprès d’elle ;
nous fumes bientôt satisfaits les uns des autres.
Leurs femmes s’habituèrent à nous
apporter, tous les soirs, une grande quantité
de lait. Ces gens étbiënt riches en bestiaux.
Ils me firent présent de quelques,
moutons ; ils y ajoutèrent encore une paire
de magnifiques boeufs pour mes, attelages •
et, ne voulant point être en reste avec eux,
je leur donnai du tabac , des briquets, et
quelques couteaux. Tout mon monde s’insinua
insensiblement dans le K raal; chacun
eut bientôt sa chacune , ét l ’escadron femelle
vint sans façon s’établir avec nous pour le
temps de notre séjour.
J’appris qu’à l’embouchure de cette rivière,
je pourrois rencontrer des hyppopo-,
tam.es, je n’en avois point encore vu ; je.