
caravane, vint à ma rencontre; du plus loin
qu il m apperçut, il se fit reconnoître. C ’étoit
le même qui m’avoit vendu au Cap mon
charriot-maître et les cinq paires de boeufs
qui le tiraient ; je ne pus me dispenser de
faire balte , et fus même obligé d’accepter
son dmer qu’il m’offrit avec des instances
réitérées et pressantes. Je me rendis honnêtement
, lors su r -to u t qu’il m’avoua
qu ayant appris au Cap le jour de mon départ
et la route que je comptois prendre | il
en étoit parti pour gagner les devants avec
les siens, et se préparer à me recevoir dans
son habitation. Jefis dételer à l’endroit même
où. il m’avoit rencontré, et nous rendant ensemble
chez ln i , j’y fus reçu avec beaucoup
de grâces par sa femme et deux jolies demoiselles
qui composoient toute sa famille.
Le temps que nous mîmes à visiter son
domaine nous conduisit jusqu’à l’heure du
dmer, pendant lequel on ne manqua pas de
me faire 1 eloge du charriot qu’on m’avoit
vendu. I l fallut essuyer tout au long l ’histoire
et le récit des bonnes qualités de chacun
des individus qui composoient l ’attelage.
On ne me trompoit pas en effet. J’ai
reconnu depuis, et je dois convenir» en
l’honneur de M. Smit, que ces boeufs ont
toujours été les meilleurs de tous ceux que
j’ai employés par la suite, et du service le
plus sur ; que, dans mes courses extraordinaires
et les pas les plus dangereux, son
charriot, construit solidement, a résisté jusqu’à
la fin.
Malgré les prières de cette bonne famille
qui m’engageoit à passer la nuit chez e lle , je
partis après le dîner, A quelques heures de
Ja, nous traversâmes la rivière le Bott, et
tout le canton nommé lu V ie u x -C o in
( Ouwe-Hoech). Je voulois regagner le
temps que le dîner m’aYoit fait perdre ; il
étoit onze heures de nuit, lorsque nous arrêtâmes
à côté d’une petite mare d’eau.
Le soleil étoit à peine le y é , que déjà nous
étions en route ; nous longeâmes, dans la
matinée, l’habitâtion de François Bathenos ;
il m’envoyà^un pain que je lui avois fait demander,
et doïit je lui offris en vain, le prix:
il me faisoit prier de descendre chez lui ; je
m’en dispensai, ne me souciant, en aucune
manière , de passer et de perdre mon temps
dans des habitations. Je rencontrais à tout
moment, dans cette contrée, des troupes
prpdigieuses de l’espèçe de gazelle que les