
que coup qu’ils tirent est la mort; que san,
peine et sans aucuns risques, ils peuvent
battre et détruire toutes les forces que le
gouvernement voudrait leur opposer; que
l ’abondance les attend au moment ou ils mé-
eonnpîtront les loix gênantes et souvent ty ranniques
du gouvernement, qui s’opposent
a tout genre de prospérité particulière; que,
places dans un superbe climat, possesseurs
des plus belles terres et des plus beaux bois
pays , abondamment fournis de gibier
de toute espèce, ils. peuvent, en ajoutant à
tous ces avantages celui de la culture des
terres et la multiplication des troupeaux
se procurer de la première main toutes les
ressources des échanges ; qu’au d o y en des
ports et des rades qui bordent par-tout leur
territoire, il ne tient qu’à eux d’attifer P industrie
étrangère, d’augmenter leur population,
leurs richesses et tous les agrémens
d un commerce extérieur et très-étendu. Le
gouvernement du Cap n’en est pas à sentir
pour la première fois toute l ’importance de
ces, reflexions, et c’est là, peut-être, une des
plus justes pauses de son indolence apparente
sur la conduite des, colons. Il connoîf
le génie et le caractère de ces hommes rqbustes,
presque tous élevés au milieu des
bois. On les ménageoit d’autant plus, lors de
mon séjour, qu’on se reposoit sur leurs secours
puissans du sort de la ville entière, s’il
fût arrivé que les Anglais , dans la guerre-
de 1781, se fussent présentés, comme on s’y
attendoit, poury faire une descente. Un dernier
trait fera connoître à quel point on avoit
droit de compter sur eux : dans une alarme
mal-à-propos répandue, en moins de vingt-
quatre heures on en v it arriver mille à
douze cents qui alloient être suivis de tous les
autres, si l ’on u’avoit donné contre-ordre.
J’aurois induit dans une grande erreur .,
si l’on s’imaginoit, d’après ce que je viens de
dire, que ces colons sont tous autant de
Césars ; il s’en faut de beauooup, et cela ne
s’accorderoit guère avec les détails dont j’a i
rendu compte plus haut, en parlant de leur
guerre actuelle avec les, Caffres, et de leurs
possessions de toutes parts abandonnées et
désertes. Nés la plupart dans les rochers,,
une éducation grossière et sauvage en a fait
des colosses pour la force. Habitués; dès. leur
tendre jeunesse à épieîr et à surprendre les
animaux monstrueux de l’Afrique, ils ne
sont absolument bons que pour un premier