
rem baissèrent; je fis partir quatre Hotte«,
tots, pour aller à la découverte de mes boeufs •
après quelques jours d’absence, ils me les
ramenèrent presque tous. Les uns avoient
gagné pays, étoient retournés sur nos pas
avoient même repassé la grande rivière San-
mâche; les antres s’étoient réfugiés dans différentes
habitations; d’autres enfin s’étoient
abrités comme ils l ’avoient pu. I l en man-
quoit quatre, que, mes gens n’avoient point
retrouves, et dont je h’ai jamais ouï parler
depuis. Sans délai, jë me mis en devoir de
quitter cette terre ingrate, et de lever le
camp pour aller le placer à trois lieues
plus loin, sur une colline nommée Pain-
poen -Kraal (Horde aux Citrouilles).. Je
profitai de deux jours de beau temps pour
secher tous mes effets, dont une grande
partie etoit moisie et presque pourrie; la
peau du buffle, que nous avions écorché
nous servit à remplacer les traits des chariots
et des attelages /que l ’humidité avoit
mis hors de service. Au milieu de ces pluies
continuelles et de mes ennuis mortels ,
j ’étois capable encore de quelques efforts ;
j ’avois trouvé dans le bois un vieux arbre
mort-, dont le tronc étoit creux. C’est là que
je passois avec mon fusil presque toutes
mes journées à guetter les petits oiseaux
et le gibier qui se présentoient. J<’y étois du
moins à l’abri de la pluie et m’y nourrissois
d’espérance. De cette niehe sacrée, j’abattois
impitoyablement tout ce qui se montroit devant
moi. Ainsi l’étude de la nature l’ern—
portoit sur les premiers besoins ! Dévoré
sans cesse du désir impérieux de lui dérober
ses trésors, je mourois de faim, et son—
geois à des collections ! Malgré tant de contrariétés
, je vis mes richesses s’accroître peu
à peu; j’avois fait un petit amas d’objets rares
et nouveaux pour l’Europe. Je leur fis
prendre Pair. J’en avois eu tant de soin,
qu’ils1 n’avoient point été endommagés comme
tous mes autres effets par l ’humidité.
Nous me trouvâmes dans ce bois, en menu
gibier, que la gazelle bosch-bock et Une autre
espèce plus petite, dont j’ai parlé au passage
du DuywowhocJc. La plaine, outre les
trois espèces de perdrix que j’ai lait eon-
noître plus haut, en offrent une quatrième
nommée par les kabitans faisan rouge
( Roye Eésant), parce qu’elle a les pieds
et la peau nue de la gorge, de cette couleur;
en bêtes carnassières, il y avoit dès