
foncé dès qu’il l’a voit apperçu. Je me mis
aussi-tôt en campagne; je battis avec mes
chiens tous les environs ; tout d’un, coup
j ’entends un cri pareil à celui qu’il faisoit
toujours lorsqu’il me voyoit arriver de la
chasse, et que je n’avois pas voulu l ’emmener
avec moi. Je m’arrête, je cherche des
yeux ; enfin , je l’apperçois qui se cachoit à
moitié derrière une grosse branche dans
l ’épaisseur d’un arbre. Je l’appelle amicalement
; je l’engage, par toutes sortes de bonnes
paroles, à descendrae t à? venir à moi;
il ne s’en fie point à ces signes1 dé mon amitié
et de la joie que me causoit sa .rencontre";
il me force à grimper sur l’arbre pour l ’aller
chercher. 11 ne fuitpas;, et se laisse prendre ;
le plaisir et la crainte se peign oient alternativement
dans.ses yenx; il les exprimoit par
ses gestes. Nous rejoignîmes mon camp,
C’est-là qu’il atten doit son sort, et ce que je
déciderois de lu i, J’aurois bien pu le mettre
à l’attache ; mais, c’étoit m’ôtér l ’agrément
de cette jolie bête r je ne le maltraitai même
pas , et voulus être généreux avec lui. Une
Correction de pins ne l’auroit point changé ;
peut-être en avoit-il plus d’une fois essuyé
mal-à-propos ; car sa réputation, qui pretoit
assez les couleurs de la vraisemblance
aux rapports qu’on me faisoit contre lui, lui
nuisoit beaucoup dans mon esprit et me rem
doit injuste, sur-tout quand j’avois de l’humeur;
on avoit mis souvent sur son compte
bien des petits vols de friandise dont mes.
Hottentots eux-mêmes avoient probable-?
pient touché la v a leu r , et dont le pauvre
Keès n’avoit sans doute été que le prête-
nom.
Le Sondag est un fleuve qui prend sa
source dans de hautes montagnes presque
toujours couvertes de neige ; ce qui les a fait
nommer Sneuw - Bergen ( Montagnes de
neige ). Je les a vo isau nord sur ma gauche,
Le fleuve, grossi par différentes petites rivières
qui se joignent à lui , va se jeter et se
perdre dans l'a mer , à dix lieues 4e l’endroit
où j’étois,
Le premier octobre, nous reprîmes notre
route dans l ’ordre accoutumé, Apres sept
heures de marche, nous nous reposâmes un
moment sur les ruines d’une habitation délaissée
comme l’autre, èt non moins triste
et lugubre, A quatre heures du so ir , nous
pous arrêtâmes à une mare d’eau. Nous fû-
ines, bien heureux , cette nuit-là , d’a-vof