
cipes et dicter des lo ix ; qu’ on abuse des
dons heurèux du génie pour propager
de vieilles erreurs , et couvrir de toutes
les grâces de l ’élocutiori les mensonges
avérés de nos pères ; qu’on les déguise ,
qu’on les tourmente, qu’on se les approprie
en connoissance de c a u s e , je ne
fais point grâce à l ’écrivain qui se pare
ainsi de la dépouille d ’a u t ru i, quelque
peine qu’il ait prise pour en rassortir les
lambeaux.
Bien résolu de ne parler que de ce que
j ’ ai v u , de ce que j ’ai f a i t , je ne dirai
rien que d ’après moi-même , et certes
on ne me reprochera pas les fautes d©
ceu x qui m’ont précédé.
S i, dans quelques endroits de mes récits
, on rencontre des observations diamétralement
opposées à celles des autres
vo ya g eu rs , je n’ entendrai pas toujours
P R E F A C E . xj
conclure de-là qu’ils se sont trompés ; je
ne veux déprécier personne : j ’aimerois
mieux (sur certains articles) imaginer
que la différence des temps ondes points
de vue en a produit dans les rapports et
les résultats ; ce ne seroit plus , si l’on
Veut, qu’une erreur, une illusion d’optique.
Mais sur les objets qui, pour avoir été
trop légèrement apperçus, défigurent
essentiellement la vérité, mon sentiment,
quoiqu’il ne cherche point à prévaloir,
ne pliera jamais lorsqu’il sera sûr du
fa it, et qu’il marchera précédé de ses
preuves.
Il n’y a pas un siècle que le goût des
voyages s’est répandu dans l’Europe; le
Français sur-tout, plus qu’aucun autre
peuple , heureux dans sa patrie, attaché
comme la moule par son bissus à sa