
clin du jo u r , au pied des hautes montagnes
qui la borhèht à l’est du Cap,
Ce fut alors qu’entièrement livré à moi-
même | et n’attendant de secours et d’app^j
que de mOn bras, je rentrai pour ainsi dire
dans l ’état primitif de l ’hommé, et respirai,
pour la première fois de ma v ie , l’air délicieux
et pur de la liberté,
I l falloit mettre quel qu’ordre dans mes
Opérations et parmi mon monde; tout dé
pendoft. dès comméncemens. Sans être ut
grand philosophe, je connoissois asse? ||
hommes pour savoir que qui veut être obéi
doit leur en imposer, et qu’à moins d’être
ferme et vigilant sur leurs actions, on m
peut se flatter de les conduire. Je devois
craindre, à tous momens, de me vo ir abandonné
dés miens , ou que ma foi blesse ne
les engageât au désordre. Je pris donc avec
eux j sans affectation, un parti prudent» auquel
j ’ai toujours ténu dans la suite, sans
qn’aucnne circonstance m’ait fait relâcher,
un seul jo u r , de mon utile sévérité.
Nous étions à peine arrêtés,que je donnai
l ’ordre de dételer en ma présence, Sous la
conduite de deux de mes gens en qui j ’avois
reconnu plus d’exactitude et cl’intelligençe,
tf e n v o y a i pâturer mes boeufs. Je fis avec les
utres la revue de mes vo itu re s , de mes
, e;jjets afin de m’assurer s’il n ’y avoit rien de
dérangé; j’examinai même jusqu’aux trains
et harnois; je distribuai à chacun son emploi,
et leur fis à tous un petit discours relatif
aux différentes occupations qu’ils au-
roient dans la suite. C’est ainsi qu’ils privent
de moi sur-le-champ l ’idée d’un homme
soigneux et clairvoyant , et qu’ils aéntirent
que le moindre relâchement dans. leur service
ne pourrait m’échapper. Après cette cérémonie,
je montai à ch e v a l, et j ’allai re-
connoître le chemin sur la montagne que
nous devions traverser le lendemain. A mon
retour , je trouvai mes boeufs en état, et xin
grand feu que j’avois donné ordre d’allumer.
Nous soupâmes légèrement des. provisions
que nous avions apportées de la ville. Enfin
nous nous couchâmes, moi sur mon char-
riot, mes Hottentots à la belle étoiles.
Le lendemain, nous attelâmes avant le
jour, et nous nous mîmes en devoir d’entreprendre
la montagne, par le defile que les
calons nomment Hottentot Hollands K lo o f
(Gorge de la Hollande hottentOte ). Ce
ne fut pas sans, risque de briser nos voitures