
dunes de sable qui bordent toute cette p î a g j
en rend la cbasse très-pénible’ et très-fati-l
gante. Les panthères y sont communes ,1
mais moins féroces que dans d’autres partiesl
de l’A frique, parce que le gibier leur procul
rânt une nourriture facile,# elles ne sontl
jamais tourmentées par la faim.
Quelques jours après mon arrivée, le
commandant du poste me proposa de chas-
ser avec lui. Le lendemain, nous nous
mîmes effectivement en route. Nous voyions
beaucoup de gibier, et nous ne pûmes jamais
parvenir à en joindre une seule piece 5 yeis
le déclin du jour, le hasard nous ayant séparés
, comme si le sort eut voulu me familiariser
tout d’un coup avec les dangers que
j’étois verni chercher de si lo in , je reçus une
leçon à laquelle je ne m’attendois guère, et
je fis, pour la première fois, une épreuve
un peu rude, et qui fera frissonner plus
d’un brave citadin. Les coups de fusil que je
tirois çà et là éveillèrent une petite gazelle;
mon chien se mit à la poursuivre ; e t , s’arrêtant
à un très-gros buisson, il commença
ses aboyemens, tournant sans cesse autour
du buisson. J’imaginai que la gazelle s’y étoitl
retirée ; j’accourus, dans l ’espérance de la
ftuer; ma présence et ma vo ix excitoient
merveilleusement mon chien. J’attendois, a
¿chaque instant, que la gazelle parût ; mais ,
lassé de ne rien voir so rtir, j*entrai moi-
même dans l’épaisseur du buisson, frappant
de côté et d’autre avec mon fusil pour écarter
les branches qui me coupoient le passage.
Je n’exprimerai jamais, comme je l’ai senti,
la stupeur et l’effroi qui me glacèrent, lorsque,
parvenu jusqu’au centre du fourré,
je me vis face à face d’une énorme et furieuse
panthère. Son geste, dès qu’elle m’ap-
perçut, ses prunelles ardentes et fixées sur
moi , son cou tendu, sa gueule à demi
béante, et le sourd hurlement qu’elle lais-
soit échapper , sembloient trop annoncer
ma destruction : je me crus dévoré. La tranquillité
courageuse de mon chien me sauva.
I l tint l’animal en arrêt, et le fit balancer
entre sa fureur et sa crainte. Jé reculai doucement
jusqu’aux bords du buisson ; mon
admirable chien imitoit tous mes mouve-
mens, serrant de près son maître, et résolu
Jeans doute de périr avec lui. Je regagnai la
plaine, et repris, au plus v ît e , le chemin du
poste, regardant de temps en temps derrière
moi. Cependant j’entendois, dans l’éloigne-
1. c