
dans la crevasse, elles se croyent assaillies
par une pluie ordinaire, quoique le temps
soit beau, et il pleut réellement pour elles.
C’est l ’effet des gouttes d’eau qui suintant I
continuellement des rochers supérieurs, I
tombent sur ceux qui sont plus bas, se I
heurtent, se divisent en une pluie d’autant
plus fine, qu’elle approche plus du pied de
la montagne. Cette pluie est toujours plus
abondante le matin que le reste delà journée
5 les fraîcheurs et les rosées de la nuit
en expliquent ajsément la cause.
On rencontre près de la crevasse, à un
tiers ou environ de la hauteur qui y conduit
, une superbe nappe d’eau qui coule
sur un rocher plat très-étendu. On va de la
ville se promener jusqu’à cette cascade, que
les habitans nomment Platte-Klip ,• la route
n’en est pas si fort escarpée, que les dames
même ne puissent se donner la satisfaction
d’aller y jouir d’un coup-d’oeil charmant et
pittoresque, d un point de vue délicieux qui
commence à cet endroit.
C’est un usage assez remarquable que,
dans les pays les plus chauds, les esclaves
font du feu par-tout où ils travaillent. Cela
leur sert a allumer leurs pipes, à faire récliàùffer
ou cuite leur ftoüfiitufè. Ceux du
Cap, chargés d’aller cOupét du bois pduf là
maisoil dé leurs màîtf es 5 vtiiit quelquefois
je chercher siir lès rèvefs dé là Tdble. Le
soir, èn quittant ï ’üttvràgë * s’ils négligëüt
d’éteindre ces f e u x , ils sè cômiiiUniqüefit
insensiblëméntde proche en proche k toutes
les herbes èt racines sèeliés; la trace gàgnë
et s’étend de côté et d’autre, pàtvieüt à deS
eiiforicemeils où le bois vert et le bois Sec
indistinctement S’alluffiènt et S’embiàSènt.
Ce sont âlôrs autant de fournaises, dé pëtits
volcans qui tiennent ensemble par les cordons
dé feù qui les ont Unis. Là flammé S’en
échappe pàr tourbillons, et Se nuancé suivant
que lés différentes cavernes Sont plus
on m'oins profondes. La nuit survient • et la
ville, èt là rade, et toits les environs, jouissent
d’Un spectacle d’aUtànt pîuS magnifique,
que la Cause en étànt connue, on est exempt
de ces terreurs profondes qu’iUiprimeroit
ailleurSün pareil phénomène ; carlàhauteur
et l’étendue de cet embrasement donnent à la
montagne un aspect plus effrayant que les
laves du YésUve dans leur pïuS grande
forée. Je n’ai vu qu’une seu’le fois cette majestueuse
illumination, et je puis dire qu’eïlq