
encore; je crois que toutes les hiènes et tôüS
les jakals s’étoient assemblés pour nous rendre
visite» Une hiène osa traverser nos feux
e t arriver jusqu’à nous. Elle fut manqué®
par un Hottentot qui la tira ; les jakals ve-
noient jusques dans le camp ; sans le renfort
de nos chiens, nous eussions été forcés de
partager notre chasse avec ces animaux qui
ne paroissoient pas d’humeur à en avoir le
démenti.
Le lendemain, nos gens s’occupèrent à
dépecer la peau de l ’hippopotame pour en
faire ce qu’on appelle dans le pays des chan-
boc. Ce sont les fouets en usage pour frapper
les boeufs qui sont sous la main du. conducteur
au timon du chariot ; ils ont la forme
de ceux dont on se sert en Europe pour
monter à cheval; mais ils sont plus gros et
plus longs; et comme, dans la plus grande
épaisseur, la peau peut avoir deux pouces ,
on la coupe en lanières de deux pouces de
large, ce qui donne à toutes ces pièces deux
pouces d’équarrissage en tous sens ; ils ont
environ six pieds de long : on les suspend,
et l ’on attache un poids à l’extrémité inférieure
pour les faire sécher ; 011 les arrondit
à coups de maillet, observant de les faire
venir à rien par l ’un des bouts : ceux qu’on
rend plus minces pour monter à cheval ont
sur ceux .d’Europe l ’avantage de ne jamais-
rompre , sur-tout s i, de temps à autre , 011
prend soin de les lustrer avec un- peu.
d’hùile.
: On fait un usage pareil' dix cuir du rl’iino-
cérôs ;!'les habitans du Cap lui donnent
même la préférence -, quoique ce fouet soit
moins solide, mais paree qu’il prend un plus
beau poli et une couleur de eorne presque
transparente. Pour les colons, qui ne sont
point élégans ét qui préfèrent l ’utile à
l ’agréable , ils ne font usage que des premiers
; ‘les uns et les autres se vendent actuellement
assez cher, les deux espèces
d’animaux qui fournissent la matière de ces
fouets ne se trouvant plu s dans lès colonies-,
et ceux des particuliers qui pénètrent quelquefois
au-delà n’étant pas. sûrs- d’err pouvoir
rencontrer.
Au reste, la peau de ces animaux ne peut
guères’employer mieux. Elleesf-trop épaisse
pour servir à d’autres usages ; elle ressemble
beaucoup , si l’on met à part son épaisseur,,
à celle du cochon ; l’hippopotame lui-même
approche un peu de cet animal : leur lard