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temps , en Allemagne , en Saxe , en Stirie et
dans le T y r ô l, des jeunes gens qui se consacrent
à la minéralogie, et s’ils font autant de progrès
que les frères d Elluyart en avaient lait en Suède ,
où le gouvernement les avait envoyés, l’Espagne
sera bientôt sur la même ligne que les autres
nations , pour les sciences naturelles. ( i )
La Géologie, nous pouvons le dire, sans vout
loir offenser cette estimable nation, est encore
dans l’enfance en Espagne , et cependant l’Espagne
a fait le plus rare et le plus magnifique
présent à la Géologie ; je parle du squelette de
l’énorme quadrupède fossile, trouve eu fouillant la
terre dans le Paraguay, à une grande profondeur,
au milieu du sable, et que l’on a transporté dans
le cabinet d histoire naturelle de Madrid , dont
il fait un des plus beaux ornements.
Cet animal, dont on ne connaît pas l’analogue,
a été très-bien décrit et gravé avec soin en Espagne,
ce qui prouve que le savoir ni le talent n’y
(i) Le cabinet d’histoire naturelle, de Madrid, s’enrichit
de jour en jour; la chimie , grâce à P roust, fait
des progrès, et rend des services aux arts et a l histoire
naturelle ML Orthega, Don ïtubmde Coelis, Codon, etc.,
cultivent depuis long-temps, et avec succès , la minéralogie
- et M. d’Azzara, frère de l ’ambassadeur en France,
la zoologie; l’ouvrage qu’il vient de publier sur le Paraguay
, est plein de fails curieux.
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manquent pas. Il esta présumer qu’il est le même
que celui dont les restes ont été trouvés' dans
P Amérique septentrionale, dont M. Jefferson
a publié la description , et qu’il a appelé M e -
galonyæ. Cuvier , dans un mémoire particulier
sur celui du Paraguay , lui a donné Je nom de
Mégathérium ; il a reconnu, d’après un examen
compaiatif, qu il avait beaucoup de rapport avec
les quadrupèdes connus sous la dénomination de
paresseux, dont celui-ci devait former une espèce
gigantesque.
En France , la Géologie touchait au moment
de faire les progrès les plus rapides , tant l’impulsion
que le génie de Buffon lui avait donnée
était forte. Cet homme , justement célèbre , avait
annobli cette science, par la grandeur de ses
conceptions, la hardiesse de ses vues, et la majesté
de son style; c’est ainsi qu’en électrisant ses lecteurs
, il les rendait passionnés pour cette belle
étude.
Depuis cette époque mémorable , la minéralogie
aidée de la chimie, ayant acquis un degré
de précision qu’elle n’avait pas auparavant, quelques
hommes, qui sont à de grandes distances
de lui pour le talent, l’ont critiqué avec une sévérité
et une sorte d’amertume qui donne la mesure
de leur insuffisance, comme si quelques
erreurs , qui tenaient au temps, pouvaient diminuer
en rien la juste réputation et la gloire de