
,2 V O Y A G E A U T O U R D U M O N D E ,
rapidement les caractères généraux de la botanique de la mer
(lu Sud.
La végétation des terres de l’Océanie se compose de plantes
entièrement indiennes, on analogues à celles de lïn d e équatoriale,
c’est-à-dire, aux végétaux (pii revêtent les lies de la Sonde,
les Moluques et la Nouvelle-Guinée. Leur distribution parait
évidemment avoir été faite de la Polynésie dans fOeéanie jus-
(|ii'aux iles les plus voisines de l’Amérique, à l’île de Pâques, par
excnqile, de l’Occident vers l’Orient, contre le cours habituel
et des vents réguliers et des courants. Le règne végétal, si pompeux,
si imposant dans les iles de la Polynésie, diminue successivement
de sa richesse en avamjant vers 1 Est, et cette vérité a été
démontrée complètement par les deux Forster et par M. de Chamisso;
car on ne peut rien conclure de quelques plantes américaines
( ([ui datent même, pour la plupart, de l ’arrivée des Européens),
perdues dans la masse de celles indo-polynésiennes,
(|ui composent uniquement la végétation de l ’Océanie, pas plus
([ue de ce qu’on rencontre dans la Nouvelle-Hollande des espèces
européennes, ou qui n’en diffèrent point au premier examen'.
Il resterait à examiner file de Juan Fernandez ; mais nous n’avons
que peu de données sur sa végétation, et il n’y aurait rien
(le surprenant que cet ancien volcan ue partageât la flore du
continent dont il est très-rapproché. Il y a des plantes qui semblent
faire le tour du globe sous les zones qui leur conviennent;
et on ])eut citer en ce genre le porlidaca, c[ue nous rencontrâmes
sur toutes les terres ([ue nous .avons visitées, entre les
deux tropiques, dans le Grand-Océan,comme dans l’Atlantique
La végétation indo-polynésienne se montre dans toute sa splen-
‘ Le V a l d e CUvjd, (hiis ie.s montagnes Bleues, est revêtu de plantt» des genres
ly p h a , lythruin , planta go, sam o lu s , e tc ., qui me parurent en tout ressembler à
ces plantes des marécages d’Europe.
= Consultez Humboldt, Géographie des p la n te s , in-S", 1817.
deur sous la ligne équinoxiale '. d’abord imposante sur les iles
de la Sonde, elle s’étend progressivement sur les nombreuses
[tossessions malaises et tidoriennes, et étale toute sa |aompe et
tout son luxe sur les Moluques orientales et sur la terre des
Papous. C’est là que des palmiers nombreux, des cycas, des fougères,
prennent la forme gracieuse et svelte de colonnes légères ;
leurs forêts immenses se composent d’,arbres de grande taille,
tels (jue les gatip ( inocarpus edidis), les arbres à pain, les muscadiers,
les spondias; c’est dans leurs profondeurs qu’on retrouve
la patrie des plantes nourricières des Océaniens, de
longues lianes arborescentes, des légumineuses, dont les formes
sont innombrables et variées, En suivant la masse de ces végétaux,
nous la voyons diminuer successivement à mesure (j^u’oit
avance vers le détroit de Torrès ; quelques espèces le traversent
seulement, et sont d’autant plus remarquables, qu’elles appartiennent
â des genres qui n’en renferment point un grand
nombre. Telles sont l’arec à chou, l’érythrine indien, le sa-
goutier, deux muscadiers sauvages, laflageüaria indica, etc. '.
En continuant d’examiner les plantes suivant la latitude des
îles qui forment la chaîne avancée au Sud de la Polynésie, telles
que la Nouvclle-Irlande, la Nouvelle-Bretagne, nous y retrouverons
le même luxe ; et les aréquiers, les sagouticrs, les grandes
fougères, les drymirrhizées, peuplent encore les forêts. C’est
iiinsi que nous observâmes, à l’entour du port Praslin, les va-
qiiois, les Barringtonia, les calophyllum, les filao (casuavina
' Observations de M. Cunningham, faites dans le voyage autour de la Nouvelle-
tlollandc, exécuté par le capitaine King (manusc.). Le journal de K in g , avec des
recherches intéressantes d’ilistoire naturelle, vient d’être publié sous ce titre : N a r rative
o f a Survey q f the liile r trop ica l an d Western Coasts o f Australia-, performed
between the years 1B18 and 1822. By captain P h i l l i p P. K IN G , with an
-Appendix containing various subjects relating to Hydrography and natural History.
2 vol., Loncl., 1826.