
faces ou au moins du côté interne. Ces pierres sont
dressées; les deux qui forment les grands côtés du
rectangle sont naturellement plus grandes que les
deux autres. Parfois le nombre de pierres qui constituent
les murailles latérales est plus considérable. Le
tout est recouvert d’une grande table débordante.
Souvent ces dolmens sont entourés d’un cercle de
pierres dressées {Cromlech). D’après beaucoup d’archéologues,
et en particulier M. de Mortillet, tous les
dolmens auraient primitivement été enfouis sous un
tumulus, auquel le Cromlech, lorsqu’il existe, servait
de limite.
Il est certain qu’il en a été souvent ainsi. On trouve
parfois encore l’intervalle compris entre l’enceinte
et le dolmen rempli de pierres ou de moellons, mais
la terre a généralement été entraînée par les eaux.
Pourtant il paraît probable que certains dolmens
algériens n ’ont jamais été recouverts. C’est ainsi que
M. Féraud, interprète militaire, a signalé des dolmens
au sommet de Tumuli. D’après M. le Dr Fauvelle (1),
beaucoup de dolmens de Roknia n ’auraient jamais
été recouverts.
Par contre, on trouve dans le Sud oranais beaucoup
de tumuli avec ou sans dolmen. Souvent ces tumuli,
ayant été fouillés par les Arabes qui y cherchaient
des trésors, présentent une dépression au centre.
Dans les dolmens, on trouve généralement des
cadavres accroupis, lesgenoux rapprochés du menton
en nombre variable.
C est dans la province de Constantine que les
nécropoles mégalithiques sont le plus abondantes ;
(1) Fauvelle, Association française -pour l'avancement des
sciences. Congres de Limoges.
nous allons en décrire sommairement quelques-
unes.
1° Roknia. — La grande nécropole de Roknia est
située à la base du Djebel Thaya, sur les bords de
l’Oued Meziet et non loin de l’Oued-bou-Hamdam,
affluent delaSeybouse. Elle a été étudiée par le général
Faidherbe (1) et par Bourguignat (2). Elle comprend,
ou du moins comprenait, plusieurs milliers
de dolmens sur une étendue de S à 6 kilomètres. La
plupart sont aujourd’hui ruinés et renversés. Ces
dolmens sont généralement petits, serrés et formés
de blocs anguleux plutôt que de belles dalles. Le
Dr Reboud en a pourtant trouvé un très grand et un
autre recouvrant la margelle d’un puits de l m,75 de
profondeur et de 95 centimètres de diamètre. Ils sont
généralement entourés d’enceintes rondes ou carrées,
plus hautes du côté de la déclivité du sol, de manière
à maintenir horizontale l’assiette du dolmen. Une de
ces enceintes présente un menhir encastré dans un
de ses côtés. Ces enceintes, d’après Bourguignat,
auraient jadis limité des tumuli. Le D1' Fauvelle est
d’un avis absolument contraire. Le général Faidherbe
a constaté dans les dolmens de Roknia des alignements
manifestes. De plus, les os légèrement calcinés
sont souvent recouverts d’une sorte de béton. Pour
Bourguignat, ces alignements suivraient des lignes
de fracture par où devaient s’échapper jadis des émanations
volcaniques qui auraient calciné à la longue les
ossements et cuitl’argile enforme de béton. Pour d’autres,
ce béton mis intentionnellement aurait eu pour
but de préserver les cadavres contre les fauves. Quant
(1) Faidherbe, Bulletin de VAcadémie d'IIippone.
(2) Bourguignat, loco citato.