
inférieur, elle y prend une vigueur remarquable et
pousse extrêmement dense, comme à Si Sliman près
de Marengo et Sidi Rehan près de Bougie.
Nos essences forestières varient avec l’altitude, la
longitude et la nature du terrain. Sur le littoral, on
trouve des forêts de pins, de chênes-liège et toute la
flore broussailleuse ci-dessus énumérée, tantôt
mêlée à la forêt, tantôt prenant elle-même des proportions
forestières. Parfois quelques peupliers
blancs, quelques lauriers peuplent des bas-fonds
humides, l’orme et le frêne (Fraxinus australis) peuvent
aussi jouer un certain rôle. A La Calle, on trouve
.des forêts d’aunes si épaisses que l’on y voit à peine
jour en plein midi. Le pin maritime forme deux ou
trois forêts, sur la côte orientale, entre Bougie et La
Calle.
De 800 à 1200 mètres d’altitude, le chêne bal-
lote, simple variété du chêne vert (Quercus Ilex),
joue un rôle forestier considérable, souvent réduit
à l’état de broussaille, mais souvent aussi formant
de très gros arbres, assez sains de tronc et d’un bois
extrêmement dur (fig. 1). Il est fort répandu dans les
trois provinces et jusque sur la lisière du Sahara. Ses
glands, généralement doux, donnent une nourriture
abondante, non seulement aux troupeaux de porcs,
mais même à l’homme. Les Kabyles l’ont depuis
longtemps cultivé et sélectionné, les glands étant
très variables, comme taille et comme saveur.
A une altitude un peu supérieure, surtout dans les
massifs montagneux de l’Ëst, c’est le chêne Zen,
variété du Quercus lusitanica, espèce très voisine de
notre chêne rouvre d’Europe, qui devient prédominant.
C’est une de nos plus belles essences fores