
s ouvrent qu’à 1 humidité. L'Anastatica hierochuntica
ou Rose de Jéricho, se roule en boule sous l’influence
de la sécheresse, elle est bientôt arrachée par le vent
et roule à la surface du désert, jusqu’à ce qu’elle
rencontre un bas-fond humide où elle laisse étendre
ses rameaux et ouvrir ses silicules.
Contre la dent des animaux, les armes ne sont pas
plus considérables qu’ailleurs; la concurrence n ’y est
pas plus grande non plus. S’il y a peu de plantes, il
y a encore moins d’herbivores. Ces plantes sont
peu engageantes, mais les animaux sahariens ne
sont pas difficiles. Les Euphorbes, la Coloquinte,
les Cleome, les Aplophyllum sont protégés par des
essences ou des résines très âcres, beaucoup par
leur consistance ligneuse et leurs souches vivaces.
Le Faleslez, malgré des alcaloïdes toxiques, est brouté
par les ruminants, mais tue les chevaux. Enfin un
certain nombre sont défendues par des épines. On a
souvent dit que dans les pays secs toutes les plantes
tendaient à devenir épineuses et qu’en particulier les
plantes du Sahara étaient très épineuses. En réaüté,
elles ne le sont pas plus qu’ailleurs. Parmi les
Génistées du Sahara: Rétama Retam, GenistaSaharæ,
Argyrolobium uniflorum, Argyrolobium Saharæ, Cro-
talaria Saharæ, aucune n ’est épineuse. YÏErinacea
pungens ne dépasse pas les montagnes des Hauts-
Plateaux. Sur tant de Salsolacées ligneuses, seuls le
Noæa spinosissima et le Cornulaca monacantha sont
épineux. Encore le premier est-il surtout des Hauts-
Plateaux. Le Zizyphus Lotus et le Rhus dioica sont des
plantes du Tell égarées dans le Sahara. L’Acanthyllis
tragacanthoïdes, la mieux armée de toutes, fait
d’ailleurs les délices des chameaux. Il est pourtant une
Salsolacée désertique qui mérite une mention spéciale
pour sa défense contre la dent des animaux, c est
Y Anabasis aretioïdes, qui produit des touffes en forme
debouclier si serrées et si compactes qu’elles résonnent
sous le bâton qui les frappe ; pas1 un brin ne dépasse
l’autre ; on ne voit qu’une surface d’un gris
bleuâtre, épineuse quand on y applique la main,
ayant l’aspect et presque la dureté d’une roche
chargée de lichens. Certaines de ces touffes ont un
mètre de diamètre.
Tout ce que nous venons de dire de la flore ne
s’applique qu’au Sahara proprement dit, et ce que
nous, en connaissons le mieux n ’est guère que sa
lisière algérienne. Il est temps de parler des oasis.
Oasis. — Les terres les plus riches du Sahara sont
en même temps les plus sèches et les plus stériles,
aussi, partout où l’irrigation est possible peut-on
voir une végétation luxuriante. Rien ne serait plus
facile que d’y créer d’épaisses forêts ; mais on n a
pas de place à y perdre en cultures d’agrément.
Aussi le Dattier est-il partout la principale culture,
car c’est jusqu’à présent celle qui donne le plus de
produit dans le moindre espace.
Sur la lisière saharienne, au voisinage des montagnes,
là où la datte, peu savoureuse, mûrit difficilement
(Bou-Saada, Laghouat), on remplace parfois
cet arbre par un abricotier presque sauvage, qui devient
énorme et porte de tout petits fruits que l’on
consomme secs.
On fait encore bien d’autres cultures dans les oasis.
L’Orge, le Sorgho, le Mil, couvrent d’importants
espaces. Les cultures fruitière et maraîchère sont
très développées. On y trouve le Figuier, l’Olivier à