
On trouve dans l’est une petite colonie d’espèces
appartenant à des genres qui d’ordinaire ne s’aventurent
pas sous une pareille latitude : Jussiæa, Gli-
nus, Oldenlandia, Serpicula, Ipomæa. On peut y
joindre quelques espèces qui y semblent tout aussi
égarées : Colocasia antiquorum, Valisneria spiralis,
Utricularia exoleta, Wolfia arrhiza.
Les Orchidées et les Fougères, plantes des régions
humides, sont naturellement peu abondantes en
Algérie. En dehors du Tell, elles n’existent guère que
dans les montagnes. Ce sont en général des espèces
dù midi de l’Europe, avec quelques types secondaires
spéciaux : Ophrys atlantica, Ophryspectus, Limodorum
Trabutianum, Platanthera algeriensis. Nous avons
un seul Crocus, dans la région de Garrouban, une
tulipe et une fritillaire, très répandues, une douzaine
de beaux Iris, deux glaïeuls, divers narcisses, Panerais,
etc.
CHAPITRE III
AGRI C U L T U R E
Le Tell est un pays essentiellement agricole. Le
littoral, les plaines du Tell intérieur, les flancs des
montagnes jusqu’à la limite des steppes conviennent
aux cultures les plus variées. Les steppes sont
propres à l’élevage, enfin la région désertique a ses
oasis et ses pâturages.
Les conditions climatériques du Tell algérien sont
tellement variées que presque toutes les plantes économiques
y donnent des produits abondants ; mais
les cultures sont cantonnées chacune dans des
l im i t e s qui sont aujourd’hui à peu près déterminées.
Nature des terres. — La nature des terres contribue,
autant que les influences climatériques, à varier
les conditions dans lesquelles opère le cultivateur.
Lès vallées ont des alluvions argilo-marneuses
généralement fertiles; l’acide phosphorique y est
seul en trop petite quantité ; mais souvent la potasse
y abonde.
La terre rouge du Sahel, qui appartient aux alluvions
quaternaires, est pauvre en chaux et en acide
phosphorique, mais devient avec quelques amendements
un excellent sol.
Les plateaux élevés, qui, suivant le régime des
pluies, font partie du Tell ou des steppes, sont cons