
était dotée d’un Jardin d’essai qui pendant vingt-
cinq ans, sous l’habile direction de M. Hardy, fut
enrichi des collections les plus variées des plantes
des régions chaudes.
Goyaviers, Anones, Avocatiers, Kakis. — Tous
les arbres fruitiers importants ont donc été introduits
et essayés. Beaucoup n ’ont pu résister à un
climat qui ne comporte pas la culture des plantes
tropicales; mais quelques fruits des régions tempérées
chaudes mûrissent bien sur le littoral et y
donnent quelques pro duits digne s d ’attirer l’attention.
Les Goyaviers croissent avec vigueur et se couvrent
de fruits abondants. Le goyavier pomiforme
(Psidium Guayava) est le seul qui donne un fruit susceptible
d’être vendu couramment sur les marchés.
La goyave produite en Algérie est très parfumée et
conviendrait pour la préparation des conserves. Si
ce fruit entrait dans la consommation européenne,
le littoral algérien pourrait produire une assez
grande quantité de goyaves, la culture du goyavier
étant à peu près celle de l’oranger.
L'Anona Cheirimolia se rencontre aujourd’hui dans
les principaux jardins du littoral ; certains fruits bien
m ûrs sont excellents ; mais l’Anone n’est encore recherchée
que par quelques rares amateurs.
L’Avocatier, qui dans les stations bien abritées
mûrit régulièrement ses fruits, est très peu répandu
et reste encore un article de curiosité.
Les Kakis sont plus connus, mais la collection des
races cultivées en Algérie est encore trop réduite, on
ne trouve couramment que les Diospyros Kaki et D.
costata. Le dernier est un gros fruit lisse côtelé, qui
commence à se vulgariser. Récemment une collection
assez complète de ces arbres à fruits japonais a
été introduite par le service botanique du gouvernement
général. Il est probable que certains Kakis
s’acclimateront bien et entreront avant peu dans la
culture fruitière courante.
Les jardins. — Les jardins du littoral algérien sont
rarement soignés à grands frais, comme les jardins
de la côte française de la Méditerranée, ils ont
cependant un aspect qui plaît, qui enchante parfois.
Quelques beaux arbres comme les Ficus, les Ery-
thrines, les Ghorisia, les Araucaria, les Jacaranda, les
Mimosa, les Orangers, de nombreux Palmiers, Dra-
cæna, Yucca gigantesques, Agave, Strelitzia, Bambous,
des plantes grimpantes, qui enlacent tout, comme les
Bougainvilles éclatants, les élégantes Bignones, les
Jasmins suaves, les Plumbago d’un bleu céleste,
donnent à tous les jardins un aspect exotique
rehaussé par mille contrastes dans les formes et
dans les couleurs. Les constructions mauresques
complètent ce riant tableau et l’on oublie volontiers
d’y rechercher tous les raffinements de l’art. Ce type
de jardin demi-sauvage a enthousiasmé plus d’un
urand horticulteur. Sur cette côte africaine D ensoleil.lée,
il semble que certaines plantes se trouvent mieux
que dans leur patrie, elles y atteignent un développement
extraordinaire, les étés sont cependant
cruels pour plus d’une, qui sèche insensiblement si
un filet d’eau n ’est pas venu lui donner de quoi
faire face à une évaporation parfois exagérée. L’été
devient ici, dans beaucoup de jardins, la saison du
repos ou mieux d’un engourdissement par la chaleur
et la sécheresse.
Aux premières pluies, une fraîcheur printanière